‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 44 sur 248 · Dictionnaire philosophique, art. Art dramatique · texte numérisé non relu

Dictionnaire philosophique, art. Art dramatique

i. Corresp. lit/.. Y. 396 : « L'auteur de la Poétique française he connaît pas assez les anciens ni les modernes pour son entreprise. On voit qu'il ne connaît des anciens que ce que son Jésuite lui a appris an collège, et ce n'est pas assez. »

mière fois, soit en France, soit même en Europe, qu'on offre au public une histoire raisonnée de tous les arts de l'esprit el de l'imagination, depuis Homère jusqu'à nos jours ' ». 11 ne faudrait pas pourtant le croire sur parole ni se faire illusion sur cette nouveauté. Ce qui eûl été vraiment neuf, c'eût été d'introduire l'esprit historique dans l'étude des littératures, - et La Harpe est le contraire d'un historien. Sa méthode est toute dogmatique. C'est celle do la critique classique depuis ses origines, relie qu'on retrouve dans les Remarques sur Longin de Boileau comme dans le Diclionnah e philosophique de Voltaire. ( le que La Harpe cherché dans les œuvres littéraires, c'est toujours une leçon de goût, en somme la confirmation des principes généraux qui gouvernent l'esthétique classique. Le titre de son livre est assez significatif, c'est un cours de littérature à l'usage des gens du inonde, une sorte de rhétorique supérieure : « Ce n'est ici ni un livre élémentaire pour les jeunes étudiants ni un livre d'érudition pour les savants.... C'est le complément des études pour ceux qui ne peuvent pousser plus loin celles qu'ils ont laites -'.... » .Mais alors que reste-t-il d'histo rique dans un livre, si l'on n'y tient compte ni de la relativité, ni de l'enchaînement des faits et si avec cela on ne se pique point d'être un érudil exact et consciencieux? La Harpe juxtapose des dissertations littéraires, sans nul souci de la chronologie ni de l'influence des milieux, ni même de la continuité cl de l'ai- lion réciproque des genres qu'il étudie. Une œuvre d'imagination est toujours, pour lui, connue pour les

l . Préface, t. I. p. m.

'. Loc. cit., [i. in. — L 'introduction est non moins signili-1 calive. lin voici le litre : - Notions générales sur l'art d'écrire, sur la réalité et la nCce site de cet art, sur lu nature des ptes, sur l'alliance de la philo ophie el des arts d'imagi nation, sur l'acception des mots de goût ei de génie ».

classiques, une sorte d'absolu, en dehors de l'espace el <lu temps. Que peste-t-il donc, sinon que le Cours de littérature soi\ une sorte de commentaire de Y. \rt poétique de Boileau, à propos des principales oeuvres de littérature?

L'esthétique classique reposai! sur l'imitation raisonnée îles anciens el elle s'était constituée sous l'inllence d'Aristote. La Harpe ouvre son cours par un chapitre sur Aristote el par un chapitre sur Longin — qui sont de véritables panégyriques, — comme s'il avait voulu placer son livre sous l'invocation îles deux plus grandes autorités critiques des anciens. Il dit d'Aristote : « Aujourd'hui même que les progrès de la raison ont comme anéanti une partie de ses ouvrages, ce qui reste suffit encore pour en faire un homme prodigieux. Ce fut certainemenl une des tètes les plus fortes et les plus pensantes que la nature ail organisées '. » Il rattache en quelque sorte son Cours île littérature à la Poétique d'Aristote; « ce sera peut-être un fait assez remarquable dans l'histoire de l'esprit humain, que. plus de deux mille ans après qu'Aristote eut ouvert le Lycée d'Athènes, son éloge et ses ouvrages aient été lus à l'ouverture du Lycée français - ».

Il passe ensuite à l'analyse de la Poétique, en faisant de constants rapprochements avec le théâtre et la littérature française. Sauf sur quelques points, très particuliers, où La Harpe est foret'' de se séparer d'Aristote à cause de la différence des mœurs et des institutions, il ne fait que confirmer les leçons du philosophe grec. La conclusion comme chez les classiques du xvne siècle, c'est qu'en somme le vrai goût moderne doit se trouver conforme à celui d'Athènes. Aristote a

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