‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 60 sur 248 · Nouvelle Héloïse. lit. XXI · texte numérisé non relu

Nouvelle Héloïse. lit. XXI

Si l'on songe après cela à tout ce qu'il y a de nombre et de rythme dans la prose de Jean-Jacques. et avec cela, de réelle poésie, on ne s'étonnera pas de voir passer ces thèmes dans la poésie contemporaine. Roucher et André Chénier en sont pleins1. .Mais ce sont surtoul les orateurs «le la période révolutionnairequi vont exploiter celle veine. David, lui-même, si illettré, n'aura à la bouche que les noms de Brutus el de Léonidas2.

Nous ne pouvons omettre ici de parler d'un homme qui a exercé sur l'éloquence des révolutionnaires une influence peut-être plus grande que celle de Rousseau : c'est Thomas. Si nous nous arrêtons sur ce ridicule personnage, il n'y en a pas d'autre raison. C'est aussi qu'il ('-tait devenu aux yeux de ses contemporains une manière de grand homme. .M.-J. Chénier le considère encore comme « un grand écrivain » ;i et Manry. dans son essai sur l'éloquence de la chaire. parle de la révolution « que le panégyriste de l)escartes et de Marc-Aurèle a opérée dans l'art oratoire ».

Thomas fut d'abord professeur de sixième au collège deBeauvais. Il parait que sa vocation pour le professorat était irrésistible et que sa santé seule l'obligea à résigner des fonctions *. On s'en aperçoit tout de suite. Qu'on ajoute à cela ses lectures habituelles et l'on s'expliquera le genre de littérature qu'il a inventé et mis à la mode : « 11 lisait toujours le même livre — nous dit un de ses biographes, — c'était Cicéron, et ne manquait jamais de l'emporter à la campagne8 ».

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