‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 94 sur 248 · Saint-Lambert, Les Saisons (l'Eté · texte numérisé non relu

Saint-Lambert, Les Saisons (l'Eté

Ils sontpeuple, comme Diderot. Ils glorifient toutes les manifestations de l'animalité humaine — i'amour physique, la paternité, la maternité, la sensibilité, les larmes : l'Académie met au concours pour le prix de poésie « une lettre d'un père à son fils à propos de la naissance d'un petit-fils1 ».

Naturellement ils sont plats : ils ont le goût timide et routinier; Roucher ne comprend pas les énormes hyperboles de la poésie hébraïque2. C'est la complète inintelligence de toute grandeur, soit en ait, soit en morale. Lemierre ne voit pas ce qu'il y a de poétique dans les rites et dans les fêtes du christianisme et il estime que les fêtes païennes sont bien supérieures3. La Fête-Dieu — le Corpus Christi, comme disent les .Méridionaux, dont le sens symbolique est si profond et que les Espagnols en particulier solennisent avec une telle splendeur, — toute cette poésie des rites ne lui est qu'un prétexe à décrire les rixes entre bedeaux et porte croix pour le pas dans la procession. ce qui donne un épisode digne du Lutrin. Ils ne comprennent plus la noblesse de la virginité, alors que les anciens vénéraient les Vestales et consacraient des statues à Atbena-Parthénos : Diderot écrit la Religieuse et Gresset, Vert-Vert. Rappellerons-nous la Pucelle de Voltaire? L'héroïsme même, quand il est démesuré, leur échappe : on sait ce que Tressan et Roufflers ont fait de la grande figure du chevalier.

Et naturellement encore, ils sont incapables de com-

1. Cf. Cori'esp. lit!.. VI, 7::. (La pièce couronnée était de Chamfort.)

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