VIII INTRODUCTION
en eux Tâme des civilisations antiques; et, d'autre part, ils continuèrent à voir dans l'imitation tout extérieure la loi suprême de Tart; ils l'exagérèrent même comme aucun des vrais classiques ne l'avait fait. Dans ces conditions, revenir à l'antique, c'était revenir en arrière; c'était prétendre recommencer toute une évolution historique. Mais comme tous les mouvements rétrogrades, celui-ci ne devait pas aboutir. Il n'accuse que l'impuissance et la stérilité ; et ainsi ce retour à l'antique, par son échec même, n'a fait que manifester la ruine du classicisme.
Il faut envisager les choses de cette façon pour s'expliquer les tentatives antiquisantes de David et d'André Chénier. D'ordinaire, quand on arrive à celui-ci, on est fort embarrassé. Par certains côtés de son œuvre, il ne ressemble à aucun de ses contemporains. Aussi ne voit-on en lui qu'un cas curieux d'atavisme ; ce seraient ses ancêtres grecs de Galata qui auraient légué à ce nouvel Hellène sa passion d'antique poésie, avec le don de la Grâce et le sens de la Beauté. Dans tous les cas, Chénier reste un véritable accident dans l'histoire de notre littérature : en apparence il ne se rattache à personne et ne conduit à rien. — D'un autre côté, la peinture de David ne constitue pas un phénomène moins étrange, bien qu'on essaie de l'expliquer par l'influence de Raphaël Mengs et par le voisinage de la publication du Jeune Anacharsis, ou encore et surtout par l'engouement qu'excitèrent les découvertes d'Herculanum et de Pompéi. Au fond, on n'y voit guère