‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 100 sur 281 · E. de Goncoiirt, La Guimard, chap. i · texte numérisé non relu

E. de Goncoiirt, La Guimard, chap. i

i52 FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A L ANTIQUE.

la dissolution de la vieille forme dramatique. Tout cela était en contradiction avec l'idéal classique. L'étude historique des rôles, la recherche des scènes plastiques ou picturales, l'importance de la pantomime devaient acheminer insensiblement vers une forme nouvelle où l'acteur et le décorateur seraient tout, et l'auteur à peu près rien. Garrick en laissa un jour échapper l'aveu : c II regarde M. de Voltaire — nous dit Grimm — comme le plus grand poète tragique qu'ait eu la France : c'est là son sentiment. Il prétend que ce Racine, si beau, si enchanteur à lire, ne peut être joué parce qu'il dit toujours tout et ne laisse rien à faire à V acteur *. » — Voilà qui est significatif. Et si l'on se rappelle que les triomphes de Lekain et de M "« Clairon, c'a été les grands rôles de Voltaire, on comprendra mieux encore que la tragédie classique était bien morte. Peut-être même, sans vouloir trop exagérer l'excellence de ces comédiens, ni la faiblesse des œuvres qu'ils interprétaient, — peut-être ne sera-ce pas un paradoxe d'affirmer que les vrais poètes tragiques du xviii® siècle, c'a été les grands acteurs de la Comédie-Française.

Il nous reste à parler du costume et du décor. La réforme en fut moins rapide et moins radicale que celle de la déclamation, à cause des difficultés matérielles et de la force de la tradition. Mais comme on avait une idée plus juste de l'antique, comme, dans les tragédies antiquisantes, on tâchait à une vérité plus grande dans les mœurs, il était impossible que

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