‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 101 sur 281 · Corresp. litt.y VI, p · texte numérisé non relu

Corresp. litt.y VI, p

Ton ne sentît pas tout ce qu*il y avait de défectueux et de contradictoire dans la mise en scène, même pour les pièces de l'ancien répertoire.

A partir de la seconde moitié du siècle, les critiques se multiplient. Tout le monde réclame, au nom de la vraisemblance, de simples amateurs comme Rémond de Sainte-Albine. aussi bien que des gens de métier comme Marmontel et Diderot. Voltaire seul s'est montré là-dessus très réservé. Comme pour la déclamation, il est très défiant, et au fond on voit qu'il tient aux anciens usages *. On dirait qu'il pressent que c'en sera fait de la tragédie classique du jour où elle descendra de ses régions idéales pour suivre pas à pas l'histoire, et où le poète devra marcher la main dans la main avec le décorateur et le costumier. Pour lui, la tragédie est avant tout t un spectacle pompeux ». C'est pourquoi il demande quelque chose pour les yeux et veut un décor et des costumes magnifiques, mais à condition que la fantaisie du poète soit toujours la souveraine ordonnatrice. Il proteste en secret contre la simplicité trop nue du costume antique. Lorsque M"* Clairon abandonne le panier, on ne voit pas qu'il ait applaudi à cette innovation. Il s'excuse même quelque temps après d'avoir oublié dans sa dernière lettre de lui donner l'éloge qui lui est dû pour avoir « appris le costume aux Français ^ » ; et lorsque Lekain s'avisa de sortir du tombeau de Ninus les bras nus et ensanglantés, il ne cacha pas son mécontentement à d'Argental ^. Il est vrai que deux

1. Ce que nous voulons dire, c'est qu'il tient avant tout à la magnificence du spectacle et que le costume antique ne semble pas l'avoir séduit, à cause de sa grande simplicité. Au contraire, il applaudit à l'introduction du costume exotique, comme dans VOrphelin de la Chine (cf. Corresp.), sans doute parce qu'il volt dans son étrangeté un élément de succès.

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