De la poésie dramatique, VII, p
3. Cf. Adolphe JuUien, Histoire du costume au théâtre, p. 26.
LE THÉÂTRE ET L'IMITATION DE l' ANTIQUE. 155
k la romaine » du xyii* siècle — même avec le chapeau et les gants — avait de déplacé dans la tragédie classique *. Voici une description d'un costume de comédien d'après Watteau, et j'avoue qu'il m'est impossible d'en être choqué : « Il est coiffé d'une perruque à la Louis XIV, surmontée d'un chapeau carré au formidable plumet, et habillé d'une cuirasse en passementerie à arabesques Louis XIII, avec des amadis aux manches et le tonnelet-jupon à découpures et à franges, sur le côté gauche duquel est accrochée une petite épée en verrouil, et il est chaussé de bottines au revêtement de fourrures, à talons carrés 2. » A la fin du XVIII® siècle, M"' Dumesnil jouait Athalie avec une coiffure à panaches et une robe de soie verte à panier d'une extrême richesse ', et j'avoue encore que cette mise toute conventionnelle me paraît infiniment plus € pompeuse > — ce qui est l'essentiel — qu'un pseudocostume grec ou même que le costume juif véritable *. Théophile Gautier et Taine, dans deux passages fameux, me paraissent donc avoir en grande partie raison lorsqu'ils blâment le costume historique dans les tragédies de l'ancien répertoire. Leur seul tort est de réclamer le costume de ville ou le costume de cour du XVII' siècle, au lieu de Vhahit à la romaine. Il est certain que la tragédie classique, telle qu'elle est représentée de nos jours, a quelque chose de misérable et d'étriqué qui confine au grotesque. Rien n'est
1. Pour la description de ce costume, voir Ludovic Celler, Les décors, les costumes et la mise en scène au xvii* siècle. — Art. d'Eugène Lamé dans Le Présent, 15 octobre 1857.