Voir CoHolan, acte m
162 FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A l' ANTIQUE.
tillent Tencens, et autres productions du pays. L'autre partie du désert est stérile : on n'y voit que des sables, quelques citernes, des puits à fleur de terre fermés avec de grosses pierres, quelques hauteurs frappées d'un soleil brûlant; sur la plus élevée de ces hauteurs, deux palmiers qui unissent leurs rameaux et dominent un espace immense, des tombeaux formant la sépulture de la tribu ; dans le lointain quelques cèdres, quelques ruines aperçues à peine et aux extrémités de l'horizon, un ciel qui se confond avec les sables*. > Plus que tout ce fatras descriptif et ces prétentions naïves à la couleur locale, une scène qui dut s'imposer à tous les souvenirs, ce fut celle du 1®' acte de VOrph(^e de Gluck, dans son ordonnance à la fois si simple .et si grande. De même que cette musique était plus voisine du drame grec que toutes les tragédies du monde, de même aussi cette mise en scène était plus capable que toutes les restitutions archéologiques de révéler la poésie de la vie antique et la beauté de la Légende. Vit-on Sophie Arnould — comme M™® Viardot * — couchée sur le tombeau d'Eurydice avec une pose et un arrangement qui rappelaient VArcadie du Poussin? Rien ne nous le prouve, mais la seule vision évoquée par la musique du compositeur était assez belle pour se passer de cet achèvement suprême. Le lent défilé du chœur autour du tombeau et les libations aux dieux de l'Hadès alternant avec la lamentation des voix, cela seul suffisait pour éveiller l'impression d'un monde très lointain, où la vie n'apparaissait que sous les espèces de la Beauté et où tous les actes empruntaient, une noblesse de la pensée religieuse.