‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 126 sur 281 · Ibid., chant I · texte numérisé non relu

Ibid., chant I

182 nN DU CLASSICISME ET RETOUR A L' ANTIQUE.

grand sens paathéistique, c'est l'allure sacerdotale du vers de Virgile, l'émotion presque religieuse de la volupté antique. Ailleurs, il imitera encore Lucrèce, en racontant l'humanité primitive, les origines de la société, la découverte des arts * ; mais il n'emprunte guère au poète latin que la matière de ses développements : le sens poétique,' la rude énergie de son modèle lui échappent. Il y avait là pourtant d'admirables vers ^ qui auraient dû illuminer tout autre qu'un Saint-Lambert.

D'où cela vient-il, sans parler de la sécheresse et de la froideur foncières du poète ? Toujours de la même méprise de l'esthétique classique, qui s'imagine que la poésie est avant tout une question de langue et de style. La preuve la plus éclatante qu'on en puisse fournir se rencontre dans les imitations nombreuses que Saint-Lambert a faites du pittoresque de Thomson. Comme tout le monde alors, il a été frappé de t la couleur » du poète anglais et il croit que, pour y atteindre, il suffit d'accumuler les comparaisons empruntées des métaux ou des pierres précieuses. Il se compose une palette extrêmement riche et il plaque la couleur au hasard : je doute que le vocabulaire des romantiques à leurs débuts soit plus c pittoresque » que celui de Saint-Lambert :

Uémail des gazons frais, des ruisseaux argentés Et le jeu des rayons dans ces perles liquides. Que dépose la nuit dans ces vallons humides 3...

Le soleil, au couchant, dore enfin les nuages. Il sème de inibis le contour des nuages *.

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