‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 128 sur 281 · Ibid.j chant IL 3 Ibid., chant III · texte numérisé non relu

Ibid.j chant IL 3 Ibid., chant III

d'Ovide dans ses Fastes *, bien qu'il lui ait pris l'idée de son poème : < ce fut — dit-il — en relisant les Fastes d'Ovide, que je conçus l'idée du poème que je présente au public ^. » Mais l'imitation est bien lointaine et superficielle. Tandis qu'Ovide suit pas à pas le calendrier, Lemierre choisit et retranche parmi les fêtes catholiques, et cela pour les raisons les plus antipoétiques du monde : à la fin de son poème, il conseille aux Français, f peuple doux, peuple aimable autant que généreux, » d'anéantir les fêtes qu'inspira € la superstition ridicule ou barbare ». Et c'est ainsi que l'esprit du xviiio siècle finit par pénétrer dans ce poème qui aurait dû être purement religieux. D'autre part Ovide, si léger qu'il soit, a compris la dignité de son sujet : c'est chose sacrée, « sacra cano ^ ». 11 ne touchera pas plus aux antiques cérémonies, qu'on ne touchait aux anciens textes de prières. 11 se borne à les expliquer et, pour cela, il consulte les annales *, probablement aussi les anciens annalistes et plus spécialement Varron ; de sorte que le poème d'Ovide constitue un document très important pour l'histoire de la religion romaine primitive. Il est impossible d'en dire autant de Lemierre. Son poème n'est qu'une illustration du calendrier qu'il a prétendu rendre amusante. Pour cela, il a tâché d'être très actuel et très parisien. Il décrit les boulevards, — le patinage, — la Sainte- Geneviève, — la foire de la Saint-Laurent, la distribution des prix du concours général, — la messe rouge : c'est un# revue en vers de l'année. Il a beau se ressou-

1. Les Fastes ou es usages de Vannée, poème en seize chants, par M. Lemierre, à Paris, chez P.-Fr. Gueppier, 1779. Lemierre a écrit un autre poème didactique : La Peinture, 1769.

Page 1