Discours sur Tibulle
212 FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A l'aNTIQUE.
comme le noyau d'une petite école dissidente. En tout cas les idées de Lebrun sur Télégie et le poème didactique sont exactement les mêmes que celles d'André Chénier. En haine des Colardeau et des Dorât, il ramène Télégic aux modèles latins, à TibuUe et à Properce. C'est l'élégie savante, littéraire, sans sincérité et sans abandon, avec un insupportable abus de mythologie. Et dans le poème didactique, il rêve, comme Chénier encore, d' c allier Lucrèce à Newton * ».
Pour ce qui est de la poésie lyrique, il a également ses idées à lui, qui ne sont pas très différentes de celles de Ronsard, non plus que de celles d'André Chénier *. On peut dire qu'en cela il se forma tout seul, car il n'attendit pas que l'opinion se préoccupât de Pindare, pour le célébrer et l'imiter. Il ne dut rien à la traduction de Chabanon, non plus qu'à VEssai de Vau* viliers ', qui parurent bien après ses débuts (1772). Dès 4756, il donnait des Réflexions sur le génie de VOdCy en même temps que son poème sur le désastre de Lisbonne. Il y glorifiait Pindare. Mais le connaissait-il de première main? Était-il capable de le lire dans le texte? On en doute à voir l'éloge très vague qu'il en fait, surtout lorsqu'il le compare à Horace. Quoi qu'il en soit, c'est Pindare qui était désormais son modèle, et, bien ou mal connu, c'est l'idée qu'il en a qu'il va essayer de réaliser dans ses Odes : t La hauteur des pensées, la vivacité des images^ la hardiesse des figures^