‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 164 sur 281 · Cf. Becq de Fouquières, Poésies d'André Chénier, p · texte numérisé non relu

Cf. Becq de Fouquières, Poésies d'André Chénier, p

2. Il importe d'ailleurs de remarquer que Ghénier lisait en véritable philologue, comme le prouve une note latine écrite par lui sur un exemplaire des Phaenomena d'Aratus, édités en 1672 par Fell. Cf. Becq de Fouquières, op. cit., introduction, p XLvm. Voir en quels termes il parle de Heyne, dont il vante les « écrits pleins d'une érudition immense, d'un goût exquis et d'une critique infaillible -. Œuvres en prose, p. 360.

3. A propos des Analecta, notons que rien ne prouve que Ghénier ait connu personnellement Brunck pendant son séjour à Strasbourg, comme on l'a trop souvent répété. Becq de Fouquières dit fort sagement : « On aimerait à penser qu'ils se rapprochèrent, qu'ils se lièrent et que ce fut Brunck lui-même qui lui mit entre les mains ce livre qui ne devait plus le quitter. • Lac. cit., XVIÏ.

240 FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A l'aNTIQUE.

limaque n'ont pas fait autre chose que d'exprimer des idées modernes sous une forme antique \ Mais il va plus loin : son procédé favori consiste à fondre dans une même pièce des emprunts d'auteurs différents, — ce qui est encore alexandrin. Lui-même s'en explique et s'en fait gloire dans une Épître à Lebrun :

Un juge sourcilleux épiant mes ouvrages

Tout à coup à grands cris dénonce vingt passages 2.

Il traite ces emprunts de différentes façons. Voici une première manière :

Tantôt chez un auteur j'adopte une pensée Mais qui revêt, chez moi souvent entrelacée, Mes images, mes tours, jeune et frais ornement *.

En voici une seconde :

Tantôt je ne retiens que les mots seulement, J'en détourne le sens, et Tart sait les contraindre Vers des objets nouveaux qu'ils s'étonnent de peindre *.

Enfin :

La prose plus souvent vient subir d'autres lois... De rimes couronnée et légère et dansante En nombres mesurés elle s'agite et chante *.

Il applique le premier procédé par exemple dans la Jeune Tarentine^ qui vraisemblablement est inspirée d'une pièce de l'Anthologie, une épigramme de Xénocrite de Rhodes ®. De même l'idylle de la Liberté est inspirée de la première églogue de Virgile. 11 se sert

1. Cf. Aug. Gouat, La poésie alexandrine (Conclusion). — J. Girard, Études sur la poésie grecque^ p. 352.

Page 1