‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 171 sur 281 · Voir en particulier Poésies, p · texte numérisé non relu

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voluptueuse des fleurs. A l'égal de tous les poètes païens, de Ronsard, de La Fontaine, de Henri Heine S de Théodore de Banville, il a aimé les roseSj depuis celles de Paestum jusqu'à celles de Fontenay : l'amour naît dans une rose. La comparaison classique des gorges, des joues et des lèvres avec la rose fleurit dans ses vers, presque neuve à force de sincérité. La nudité de Camille, c'est encore la rose. Il rêve de faire un lit de roses à son amante et alors il contemplera

dans la rose en feu l'albâtre confondu

Comme un ruisseau de lait sur la pourpre épandu^.

« Le printemps habite dans ses vers » : il aime toutes les fleurs, surtout les fleurs antiques, la violette, l'hyacinthe, le lys; tous les nobles feuillages, l'acanthe, le lierre, le myrte, le laurier. Ses yeux s'arrêtent sur € l'épi couronné d'or », le c sang du doux mûrier », sur les colorations estivales et splendides de la pêche, de l'abricot, du coing, sur la fleur sanglante de la grenade et sur la pourpre des grappes.

Mais surtout, en véritable païen qu'il est, il comprend la beauté du nu, aussi bien la nudité provocante et libertine du xviii® siècle que la nudité antique. Evidemment' ce sont toujours les grâces un peu mièvres de la Vénus de Médicis ou l'élégance trop parisienne de la Diane de Houdon, qui dominent son goût : ni la Vénus de Milo, ni la grande sculpture classique du V® siècle ne sont encore connues. On trouverait assez exactement l'équivalent plastique de certaines descrip-

1. Henri Heine s'était composé cette épitaphe : « Il aima les roses de la Brenta ». En 1891, l'impératrice d'Autriche, dans sa propriété de Corfou, a fait élever une statue à Henri Heine, dominant la mer du haut d'un rocher de 800 mètres et entourée dé cinquante mille rosiers. {Vidée libre, mai 1893, p. 33.)

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