‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 177 sur 281 · Cf. Jules Lemaitre, Impressions de théâtre, t. I, p · texte numérisé non relu

Cf. Jules Lemaitre, Impressions de théâtre, t. I, p

2. Nous ne parlons pas de la conduite ni du style de cette petite pièce qui n*est qu'un laborieux enfantillage, avec bien des banalités et des détails d'une sentimentalité un peu niaise, o iTon retrouve « ce bon suisse » de Gessner.

ANDRÉ CHËNIER. 263

édition de ses œuvres, ses innovations sont en somme fort prudentes. C'est le système de Ronsard mitigé par celui de Racine : un petit nombre de mots calqués sur le grec ou sur le latin, quelques archaïsmes et quelques tours familiers, mais des latinismes, des sens dérivés et surtout des alliances de mots nouvelles. Il part de la même erreur fondamentale que Ronsard et les grammairiens de la Renaissance, qui s'imaginent que le français, issu du latin, doit avoir la même morphologie et la même syntaxe. Il croit qu'on peut créer des mots en prenant une racine et en ajoutant un suffixe. Il dira comme Ronsard < une rive aréneuse >, une « couche matineuse ». Pour étendre ou renouveler les moyens d'expression sans enrichir le vocabulaire, il se livrera à de pénibles tours de force pour aboutir à de minuscules découvertes. Il aura des alliances de mots comme celles-ci :

Si vous (car c'était vous)...

N'eussiez armé pour moi les pierres et les cris... *

— Le toit s'égaie et rit de mille odeurs divines.., *

Ou bien des latinismes :

C'est du vieillard troyen la mort envenimée,., 3

moyennant quoi il ne parlera plus français. Déjà chez Racine*, Hugo, avec son grand sens de la langue, avait remarqué tout ce que l'application du précepte horacien des alliances de mots introduit d'incorrect et de forcé. D'ailleurs ces petits raffinements d'expression, ces petites inventions de détail sont indignes d'un artiste sérieux et vraiment fort. Quand on lit Chénier

Page 1