Corresp. lit t., III, p
2. Cf. Delécluze : Louis David, son école et son temps, p. 414.
3. Voir les pages des Goncourt sur Lemoyne et Boucher, l'Art du XVIII^ siècle, r« série.
dégoûter du joli, qu'à retrouver la beauté vraie avec la probité et la sévérité du métier. Malheureusement « il n'en fut pas ainsi : le pédantisme encyclopédique et l'abus de Tarchéologie gâtèrent tout ; et l'on eut en art l'équivalent de la littérature : les peintres firent des pastiches, tandis que les poètes faisaient des traductions; David copia des bas-reliefs et des intailles, comme Lebrun copiait des métaphores. Le classicisme, dans les arts plastiques, traîna la même longue décadence que dans les arts littéraires et cette décadence s'y affirma par les mêmes caractères et les mêmes défauts.
Cependant il convient d'attribuer à Diderot une -^ influence qui, pour être indirecte, n'en a pas moins été ' considérable. Évidemment, il ne conçoit l'art ni comme Vien, ni comme David. Il n'entend en aucune façon faire de l'antique le modèle unique, il estime même que l'antique a plus nui aux modernes qu'il ne leur a servi *. Mais en rappelant l'artiste à l'étude de la nature et en insistant sur la nécessité du modèle, en combattant de toutes ses forces les tendances de l'École de Vanloo et de Boucher, il a déblayé le terrain et préparé l'avènement d'une forme nouvelle, qu'il aurait sans doute condamnée, comme trop exclusive et trop étroite, mais qui enfin répondait déjà mieux à son idéal de simplicité et de naturel et en même temps de grandeur un peu déclamatoire. Qu'on ajoute ses improvisations sur la poésie antique, en particulier sur Homère, qu'il commentait avec une si pénétrante intelligence et un sens si vif de la beauté plastique ou picturale.
Mais, comme nous l'avons dit de l'archéologie, le grand fait qui domine l'histoire de l'art, à cette épo-