‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 187 sur 281 · Cf. XI, p. 116 (édit. Assézat · texte numérisé non relu

Cf. XI, p. 116 (édit. Assézat

que, c'est la reprise régulière des fouilles d'Hercula- . num et de Poinpoi. On sait quelle curiosité et, chez certains, quel enthousiasme elles excitèrent : toute l'érudition en fut renouvelée. La révolution de l'art à la fin du siècle s'en ressentit profondément.

Les pensionnaires de l'École de Rome subissent plus ou moins l'entraînement général : Fragonard et Hubert Robert font des études d'après l'antique : celui-ci dessine les ruines du temple de Pœstura, en attendant qu'il se fasse une spécialité du genre *. A Rome, il y a toute une petite chapelle d'antiquaires et d'amateurs, où le culte de l'antique devient un véritable fanatisme. Au premier abord, on pourrait croire à une reprise de l'efTervescence du xv^ siècle. Mengs professe à l'Kcole Capitoline depuis 175'*. Son atelier devient le rendez- vous de tout ce qu'il y a de plus considérable en Italie, ou à l'étranger, parmi les artistes et les amateurs : il disserte, il impose ses théories sur l'art et en fixe l'idéal au siècle d'Alexandre. Ses œuvres se répandent en France, en Angleterre, en Allemagne. Son plafond de la villa Albani passe pour aussi beau que les plus fameuses fresques de Raphaël. Pour certains de ses contemporains, il a réalisé toutes les ambitions de son père ^, qui en l'appelant Antoine- Raphaél, entendait faire de lui à la fois l'émule de Raphaël et du Corrège.

Pourtant l'influence de Mengs sur les artistes français fut beaucoup moins considérable qu'on ne pour-

1. Cf. E. (labillot, Hubert Robert et son temps (collection Quantin).

2. Pour l'admiration qu'inspirait l'œuvre de Mengs, voir la préface de Jansen dans sa traduction des Œuvres de M. le Chevalier Antoine Raphaël Mengs^ Amsterdam, 1781. — Eloge historique de M. Mengs, premier peintre du roi d^ Espagne, etc. S. 1. nSi.

rait le croire *. Ses œuvres en somme sont peu connues chez nous et on l'admire plutôt de confiance. Les artistes qui reviennent de Rome ont à compter avec l'école de Boucher toujours vivante et avec les habitudes du public. Enfin les théories de Mengs, par ce qu'elles avaient d'abstrus, répugnaient à la clarté de l'esprit français ^, et d'ailleurs il se proposait tout autre chose que nos peintres, en particulier David.

Ce retour à l'antique, nous ne saurions trop le « redire, a été avant tout en France une conséquence naturelle de l'évolution des mœurs et de l'esprit public, interprétés par la littérature. Mais cette réserve . faite, il convient d'attribuer à Caylus ^ la plus grande part d'initiative dans cette révolution qui, vers la fin du siècle, va bouleverser l'art de fond en comble.

Membre honoraire de l'Académie de peinture depuis 1731, son autorité sur la compagnie et par conséquent son action sur les élèves était immédiate, on a même dit qu'elle avait été tyrannique : c'est seulement à partir de 17^6 environ que cette action commence à se faire sentir. Nous n'insistons pas sur tout ce qu'il a fait pour relever la technique du peintre : non seulement il proclame la nécessité des conférences, qui ne sont que des discussions sur les procédés et le style des maîtres ; mais il fait lui-même des conférences, il lit des vies de peintres; il fonde un prix d'expression, un prix d'ostéologie, un prix de perspective. Probablement sous son influence, l'Académie fait figurer dans ses programmes l'étude des antiques. Il va plus .

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