Delécluze, op. cit., p
4. Delécluze raconte que David, pour certaines figures du Léonidas, s'inspira de quelques-uns de ses élèves « remarquablement beaux et agiles » (cf p. 229). La figure en question me paraît être sûrement du nombre.
lo groupe des trois jeunes gens qui tendent des couronnes. Pas la moindre cohésion dans toute cette scène. David se réclamait, pour justifier ce décousu de la composition, de certaines œuvres de l'Angelico ou du Pérugin, oii les différents personnages existent pour ainsi dire isolément * ; mais tandis que chez ces maîtres le sujet est si exclusivement plastique qu'il se réduit à peu prés à un arrangement harmonieux des lignes, David a choisi le sien si théâtral qu'il requiert absolument les qualités ordinaires de composition de nos peintres d'histoire. En admettant même qu'il ait voulu rompre avec ce qu'il y a d'artificiel dans une scène ainsi conçue, il faut avouer encore qu'il ne donne à aucun degré le sentiment de la vie des foules, de leur pêle-mêle, des explosions contradictoires de , leurs fureurs ou de leurs enthousiasmes : ses person-
. nages ne sont que des statues juxtaposées.
Telle était d'ailleurs l'intention de David. Si luimême ne l'avait pas dit, on pourrait le deviner, rien qu'à regarder attentivement ses toiles. Transposer dans la peinture la sculpture antique, voilà en somme à quoi il aboutit. Quand il parlait de remettre en honneur ce qu'il appelait « le grec pur » ^, il ne voulait pas dire autre chose : de là ces personnages complètement nus comme dans la statuaire des anciens, et ces chevaux sans bride qui prêtèrent tant à rire lors de l'exposition des Sabines ^ : « Je me nourris les yeux, disait-il, de statues antiques, fat rintention même d'en imiter quelques-unes : les Grecs ne se faisaient nullement scrupule de reproduire une composition, un mouvement, un type déjà reçus et employés * ». En consé-