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qui n'est plus qu'un arrangement tout extérieur et voulu. Même dans ses grandes toiles modernes, on sent qu'il n'a été soutenu pour la composition que par le souvenir tout récent des scènes réelles; et encore chaque personnage, pour peu qu'on l'étudié, a-t-il l'air de poser tout seul. Cette absence de composition, quoi qu'en aient pu dire les contemporains *, n'est pas trop choquante dans ses premières œuvres, parce qu'il a choisi des sujets extrêmement simples où les personnages peu nombreux se groupent en quelque sorte d'eux-mêmes ^. Mais dans les Sabines et le Léonidas ce défaut éclate avec une évidence qui valut à David les critiques les plus vives. Lui aussi, il fait des mosaïques de figures. Dans le Léonidas, par exemple, voici d'abord la pose du héros qui a été copiée dans les Monuments inédits de Winckelmann ^ ; le jeune homme qui est assis à sa gauche n'est pas autre chose que le portrait d'un de ses élèves * : c'est une tête méridionale toute moderne, tandis qu'au contraire le guerrier qui lui fait pendant à droite est strictement antique. Au second plan, l'homme qui tient un arc est une réminiscence mal déguisée de l'Apollon du Belvédère, mais ces figurants à tète vulgaire qui le suivent ont l'air de sortir des coulisses de l'Opéra. Il est vrai que parmi ces figurants, il y en a un qui a une tête de Fleuve antique. Ce qu'il y a de plus désagréable, c'est l'éparpillement et l'insignifiance de toutes ces figures, sauf
i. Voir p. ex. les critiques de Pierre à propos de Brutus. J.-L. Jules David, op. cit,, p. 37.
2. Cependant il n'y a guère que la Mort de Socrate qui soit véritablement composée.