‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 203 sur 281 · J.-L. Jules David, op. cil., p · texte numérisé non relu

J.-L. Jules David, op. cil., p

2. On sait que l'épithète de « grisâtre » était la suprême injure pour les romantiques. Th. Gautier, Histoire du romantisme, p. 93.

3. « Je veux essayer de mettre de côté ces mouvements, ces expressio7is de théâtre, auxquels les modernes ont donné le litre de peinture d'expression. » Cf. Delécluze, op. cit., p. 226.

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exemple, le groupe des trois jeunes gens enlacés qui élèvent des couronnes, accuse trt'^s nettement cette tendance : Télan rythmé de leur course, Tenthousiasme qui éclaire leurs visages et qui soulève leurs bras, tout cela rappelle, avec quelque chose de plus religieux, le beau mouvement du tableau des Aigles. Mais il suffit de songer au Maral pour s'apercevoir non seulement de ce qu*il y a de contradictoire dans Fœuvre de David, mais des côtés tout modernes et déjà romantiques de son génie *.

Il ne faut pas oublier que David est loin d'être une exception parmi ses contemporains. Si les autres artistes, ses émules, n'ont pas sur Fart des idées aussi personnelles que lui, ils n'en montrent pas moins le même goût exclusif pour les restitutions archéologiques et les sujets républicains de l'histoire grecque ou romaine. Les livrets des Salons en sont pleins '. Le Salon de 1789, avec d'abondantes illustrations des événements récents , n'est rempli que de scènes empruntées à l'antiquité 8. Rappelons d'ailleurs qu'à ce moment David n'est pas encore devenu le dictateur (les arts qu'il sera sous la Convention. Ses confrères Vincent et Regnault, qu'il déteste, ont un atelier aussi

1. Noter que la peinture moyenâgeuse est déjà représentée dans l'atelier de David, surtout par Granet, que ses camarades appelaient le - moine ».0n trouve un grand nombre de ces toiles au Musée d'Aix-en-Provence. Il s'était fait une spécialité des intérieurs de monastère.

2. On peut voir aussi dans les Salons de Diderot que cette mode avait commencé avant 89.

3. E. et J. de Concourt, la Société française pendant la Révolution, p. 43.

ÉCOLE DE DAVID ET IMITATION DE L'aNTIQUE. 315

fréquenté que le sien et feurs tableaux obtiennent tout autant de succès.

Mais plus on se rapproche de 93, plus l'influence de David devient tyrannique. Il forme toute une école de disciples enthousiastes, qui le vénèrent comme le sauveur de Tart. Parmi eux, il convient de distinguer un petit groupe d'indépendants, qui sans do»te n'eurent pas grande influence, mais dont les tendances sont curieuses à connaître comme exagération des propres doctrines de David : nous voulons parler de la secte des Penseurs ou des Primitifs *, dont le chef était un jeune homme mort prématurément, — Maurice Quaï, : ou plus simplement Maurice, comme l'appelaient ses camarades. On les voyait passer dans la cour du Louvre, vêtus à la grecque et drapés comme des statues antiques : le costume de Maurice consistait < en une grande tunique descendant jusqu'à la cheville du pied et un vaste manteau, dont il couvrait sa tète en cas de pluie ou de soleil ' >. Talma lui-même, nous dit-on, ne portait pas ce costume avec plus de grâce et d'aisance. Si l'on entrait dans son atelier, c on voyait une toile de trente pieds de long, où était dessiné seulement le sujet de Patrocle renvoyant Briséis à Agamemnon ^ ».

1. C'est E. Delécluze et Ch. Nodier qui l'ont remise au jour : le premier, dans son livre, Louis David, son école et son temps (1849), et dans une notice parue en 1832 sous ce titre : Les Bardes d'à présent et les Bardes de iSOO, dans le 7* vol. des Cent-un; le second, dans un article du journal le Temps (15 octobre 1832). Ces deux dernières pièces forment l'appendice du livre d'Ë. Delécluze, cité plus haut. On trouvera aussi des allusions aux Primitifs dans les Mémoires de la duchesse d'Abrantès. — Ch. Nodier a consacré un morceau dithyrambique h la mémoire de Maurice Quaï dans les Essais d'un jeune barde. Ce morceau a été reproduit également dans l'ouvrage de Delécluze, p. T4.

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