E. Delécluze, 0/3. cit., p. 20S et suiv
Artistes! que vos mains rivales
Y gravent les traits d'un héros.
L'airain conquis fond et bouillonne,
Déjà s'érige la colonne
Qui redit nos travaux guerriers ;
Cédez, obélisques de Rome,
Et qu'à l'aspect d'un plus grand homme
Trajan abaisse ses lauriers *.
C'est aussi le temps où David expose ses Satines (1799), Gérard sa Psyché (1797), Guérin son Marins Sextus (1799), Gros sa Sapho à Leucade (1802), Prudhon son Andromaqùe et son Aurore et Céphale (1810). Canova, le vrai disciple de Raphaël Mengs en sculpture, vient à deux reprises à Paris *. On peut admirer chez Murât une réplique de son fameux groupe de l'Amour et Pysché ^, 11 exécute un buste de Marie-Louise* et travaille à une statue colossale de Napoléon ^ qu'il voulut représenter absolument nu, comme un héros antique.
En même temps, l'enrichissement de notre Musée du Louvre après la campagne d'Italie ranime l'ardeur des archéologues. On publie la traduction du Laocoon de Lessing * et dans l'entourage de David les jeunes peintres ne feuillettent plus que les Antiquités d'Athènes de Stuart et Revett "'. Ils s'éprennent de plus en plus des peintures des vases dits étrusques dont ils trouvent des reproductions dans l'ouvrage de d'Hancarville '. ^ En 1799, l'Institut met au concours la question de la
1. Fontanes : Ode sur les embellissements de Paris, I, p. 112.
2. Cf. Quatremère de Quincy, Canova et ses ouvrages, p. 117 et 189.