‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 221 sur 281 · La première édition est de 1804. C'était une imitation · texte numérisé non relu

La première édition est de 1804. C'était une imitation

seconde édition « entièrement refondue, précédée d'un discours préliminaire, augmentée de deux mille vers et suivie de plusieurs morceaux traduits d'Homère, de Milton et d'Arioste ». Ce titre se passe de commentaires; nous sommes dans le fatras épique jusqu'au cou. Dans le même genre, Luce de Lancival donne un Achille à Scyros, où il se borne tout uniment à délayer VAchilléide de Stace.

Je m'engage d'un pas chancelant, effrayé, Dans un sentier que Stace à ma muse a frayé.

Il paraît que Luce de Lancival avait le génie du vers latin : un poème sur la mort de Marie-Thérèse lui aurait valu tout jeune les encouragements du grand Frédéric, et l'on se rappelle que sa dernière production fut un discours latin sur le mariage de Napoléon et de Marie-Louise. V Achille à Scyros, c'est encore du vers latin : les pastiches, les imitations foisonnent; il y a même tels passages qui ne sont que des traductions de Stace *. Des coupes hardies, des descriptions scabreuses où la difficulté est ridiculement escamotée, comme ce passage où il s'agit de représenter Thétis montant sur le dos de Chiron :

11 aborde Thétis ; sous sa main caressante, Il courbe avec respect sa croupe complaisante, Il Vinvite à s'asseoir, et, d'un pas diligent, Lui-même l'introduit sous son toit indigent '.

Des alliances de mots prétentieuses se heurtant à des platitudes prosaïques, de fausses élégances, tout

de « six épisodes choisis dans les poètes épiques les plus illustres >».

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