‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 274 sur 281 · Œuvres choisies de Ronsard, p · texte numérisé non relu

Œuvres choisies de Ronsard, p

sans bien savoir encore quel nouveau chant ils apportent?

Mais on ne doit pas s'arrêter à ces analogies tout extérieures : cette langue regorgeante du xvi* siècle, avec ses audaces pittoresques et ses familiarités brusques, apportait un souffle de liberté, — le même qui emportait les romantiques. On sentait, chez les hommes de la Pléiade, toutes les ardeurs, toutes les espérances, toutes les grandes ambitions poétiques, qui fermentaient autour de soi. On se remettait à les aimer, par sympathie naturelle d'abord, puis en haine des classiques qui les avaient décriés. A mesure qu'on les connaissait mieux, ce n'était pas eux seulement, c'était leur époque tout entière qu'on aimait : leur art d'abord, — leur architecture encore toute française, rajeunissement de l'architecture jolie et maniérée du xv^ siècle. Dans ses voyages à Blois chez son père *, Hugo avait pu admirer le château avec t sa tour octogone >

Qui fait à ses huit pans hurler une gorgone 2.

Il avait visité les châteaux de la Loire, Chambord surtout qu'il appelle t l'Alhambra de la France > et dont le délabrement lui arrachait un cri d'indignation dans sa fameuse brochure : Guerre aux démolisseurs (1825). Mais c'est particulièrement la peinture et la sculpture de la Renaissance qu'on exaltait. Le culte des primitifs allemands de l'École de Cologne ne viendra que plus tard dans l'entourage de Célestin Nanteuil. D'ailleurs on distinguait mal les tendances païennes et les tendances mystiques de la renaissance italienne et les madones de Raphaël passaient pour des chefs-d'œuvre

4. Le général Hugo s'était fixé aux environs de Blois, à Saint-Lazare; cf. Biré, op. cit,, p. 233.

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