‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 42 sur 281 · Cf. notre chapitre iv · texte numérisé non relu

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dans la question. En tout cas, tout le monde voulut voir la Minerve j qu'il avait fait peindre par Vien d'après le procédé antique, comme une sorte de démonstration à Tappui. La restitution du théâtre de Curion dont il rendit compte en séance solennelle fut également très remarquée. Mais tout cela n'était rien auprès de son Recueil d'antiquités, qui commence à paraître à partir de 1750 *•. Quelques années après, Le Roy publiait ses Ruines des plus beaux monuments de la Grèce (1757) avec de luxueuses illustrations. Les ouvrages de Winckelmann étaient traduits : Lettres sur les découveî'tes d'Herculanum au comte de Briihl (1762), — Les nouvelles découvertes d'Herculanum à M, Fuessly à Zurich (1764); enfin et surtout ï Histoire de Vart chez les anciens, dont il parut une première traduction en 1766 2. Les Français à leur tour vont en Italie étudier directement toute cette antiquité ressuscitée. Avec les relations de voyages, les livres de vulgarisation achèvent de faire pénétrer jusqu'au grand public des notions précises sur cet ancien monde romain : Sylvain Maréchal donne en collaboration avec F. -A. David des Antiquités d'Herculanum, en neuf gros volumes, où l'on pouvait retrouver par le menu toute cette jolie civilisation à demi alexandrine. depuis les plus humbles ustensiles jusqu'à des copies d'oeuvres d'art fameuses : lampes en terre, candélabres, trépieds, fresques, peintures murales, statues, dont quelques-unes de premier ordre '. D'Hancarville édite

1. Ce sont surtout les artistes qui durent profiter du Recueil (Vaniiquités : ils y trouvaient d'abondantes données pour la couleur locale antique. Autrement l'ouvrage, par sa confusion, ne pouvait que rebuter les gens de lettres et le grand public; cf. S. Rocheblave, op. cit., p. 291.

2. Histoire de l'Art chez les anciens, traduit de Tallemand par Sellius (rédigé par Robinet). Amsterdam (Paris), Saillant, 1766.

'^, H convient d^ ailleurs â^ ajouter que les reproductions des œuvres d'art sont en général fort mauvaises*

la collection de céramique d'Hamilton, et son livre va devenir presque classique dans l'atelier de David. Clioiseul-Gouffîer donne son Voyage pittoresque de la Grèce^ € de l'exécution typographique la plus riche, orné d'un grand nombre de planches gravées avec beaucoup d'exactitude et de soin » * : comme dit Grimm, on se persuadait « pour la première fois que les tableaux délicieux que nous offrent les auteurs grecs étaient moins l'ouvrage de leur imagination qu'une simple imitation de la nature* ». Enfin, comme un vivant commentaire de toutes ces publications savantes ou artistiques, on voyait en 1787 une galère antique construite sur les plans de Le Roy remonter triomphalement la Seine et jeter l'ancre au Louvre, entre le Pont-Neuf et le Pont- Royal \

Mais par-dessus tout le Voyage du jeune Anacharsis obtenait une vogue inattendue pour un ouvrage qui, en somme, était d'abord un livre d'érudition : c'était toute la vie grecque qui était représentée dans un tableau d'ensemble. On voit que l'auteur s'est efforcé surtout de donner la sensation de la t chose vue », de rendre pour ainsi dire palpable ce monde lointain, en entrant dans les moindre détails de l'économie domestique. Ces Athéniens dont on avait les oreilles rebattues depuis le collège, qu'on s'était habitué à considérer comme des espèces d'entités littéraires, on les voyait revivre avec la plupart des préoccupations, des goûts, et même des ridicules modernes. On passait de la toilette d'une élégante à une séance de l'Acade^mie, ou à la procession de Panathénées. On retrouvait Platon au milieu de ses disciples, ou Xénophon dans sa retraite de Scillonte, s'occupant de ses chevaux et de

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