‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 53 sur 281 · Dictionnaire philosophique, II · texte numérisé non relu

Dictionnaire philosophique, II

3. Discours prononcé par un acteur à la première représentation d'Oreste (1750), IV, 435.

LA CRITIOUE ET l'ANTIQUITÉ. 81

les Grecs n'avaient jamais déshonorés par de tels épisodes* ». C'est dommage que Voltaire ne voie pas la portée de la question. Il est certain que Racine, en restreignant l'objet du poème dramatique à l'expression de la sentimentalité amoureuse ou même du besoin sexueP, en a singulièrement diminué la valeur esthétique, comme aussi, par contagion, celle de notre littérature tout entière. Mais Voltaire ne détrône l'amour que pour lui substituer des passions plus secondaires ou plus superficielles. Lui qui avait des prétentions à la poésie philosophique, il n'a pas vu que cet Eschyle et ce Sophocle qu'il daigne imiter ont construit de vrais poèmes d'idées, où, par exemple, il ne s'agit pas seulement de savoir si Œdipe apprendra oui ou non le secret de sa naissance et de s'attendrir sur ses malheurs, mais où, derrière le drame des passions, se pose la question de la destinée et du sens même de la vie. Nous n'avons rien de pareil pour la profondeur philosophique ni au Prométhée enchaîné^ ni à VOËdipe-roi,

En somme Voltaire, en se réclamant surtout de l'autorité des anciens, a résisté fort honorablement à la frivolité de ses contemporains. 11 affirme énergiquement son parti pris de rester classique. Il remonte même au delà de Racine, qu'il trouve encore trop romanesque, notamment dans Bérénice. En certaines de ses pièces et ëncerlains passages, il a comme des intuitions du théâtre antique. Il s'est avisé un joui* que la tragédie d'Eschyle était beaucoup plus « terrible B que la nôtre et, frappé de cette idée, il compose Eriphyle :

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