‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 54 sur 281 · Dissertation sur la tragédie ancienne et fnoderne, IVj · texte numérisé non relu

Dissertation sur la tragédie ancienne et fnoderne, IVj

2. Voir à ce sujet la belle préface de Paul Adam : Le Mijst'èns des Foules, 1.

82 FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A l'ANTIQUE.

Français, c'est en ces lieux qu'on vous peint tour à tour La grandeur des héros, les dangers de l'amour : Souffrez que la terreur aujourd'hui reparaisse, Que d'Eschyle au tombeau l'audace ici renaisse! *

Mais il ne faut pas s'y tromper : Voltaire ne comprend pas Eschyle, est incapable de le lire dans le texte et le juge un monstre comme Shakespeare. C'est un grand nom sous le patronage duquel il place sa tragédie 2. Ailleurs il en a dit beaucoup de mal •'^. Et puis, ce qui détruit l'efficacité de ces tentatives, c'est qu'elles ne se soutiennent pas : Voltaire tûtonne dans tous les sens, sans jamais s'arrêter à un système ou à un modèle.

Ses disciples n'ont guère fait que répéter ses idées en les affaiblissant, principalement en ce qui concerne le théâtre. Pourtant, sur les anciens en général, leur critique est plus sérieuse ou plus profonde que la sienne. Nous ne dirons rien de Marmontel ni de sa Poétique française, dont l'influence ne paraît pas avoir été bien considérable et dont l'insuffisance et le caractère superficiel semblent avoir frappé les contemporains eux-mêmes *. Il importe au contraire de s'arrêter sur le Cours de littérature de La Harpe, d'abord parce qu'il représente assez exactement l'opinion moyenne et ensuite parce que c'a été la dernière formule et comme le testament de l'esthétique classique.

Dans sa p*réface, l'auteur insiste sur la nouveauté et l'originalité de son œuvre : « C'est ici, je crois, la pre-

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