‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 73 sur 281 · Éloge de Marc-Aurèle · texte numérisé non relu

Éloge de Marc-Aurèle

LA CRITIQUE ET L' ANTIQUITÉ. Hl

il s'élance avec rapidité et par saillies d'un objet à Tautre, semblable à ces animaux agiles (Bossuet) qui, placés dans les Pyrénées ou dans les Alpes, et vivant sur la cime des montagnes, bondissent d'un rocher à Tautre, en sautant par-dessus les précipices *. »

Mais le défaut le plus choquant de Thomas, c'est qu'en rhéteur qu'il est, il n'a à aucun degré le sentiment de la réalité vivante et, par contre coup, celui de la langue qu'il parle. Son français, comme le latin des classes, est une langue morte, qu'il torture bizarrement sous prétexte d'élégance et qui ne recouvre que le vide. Tout occupé des phrases, il perd si bien le sens des situations et des choses, qu'il en devient bouffon sans le vouloir. Qu'on regarde un peu ce passage de son Éloge de Marc-Aurèle. C'est Apollonius qui parle :

« Je puis donc vous attester et vous demander si € Marc-Aurèle a jamais opprimé un citoyen. S'il y en « a un seul, qu'il se lève et qu'il me démente. »

Tout le peuple se met à crier : t Aucun , aucun! »

< Je puis vous demander si, sous son règne, jamais € un seul d'entre vous a été opprimé par ces affranchis « du palais qui se font esclaves, pour être tyrans ». « Dites, Romains, en a-t-il existé un seul sous son € règne? »

Us crièrent encore tous ensemble : t Aucun, aucun!.., » 11 continua....

Pourtant cette misérable rhétorique était frénétiquement applaudie 2. Le comte de Guibert, qui succéda à Thomas à l'Académie française, disait dans son discours à propos de cet Éloge de Marc-Aurèle : t On pourrait le croire récemment découvert sous les ruines

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