‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 72 sur 281 · Ibid., notice par Hérault de Séchelles · texte numérisé non relu

Ibid., notice par Hérault de Séchelles

110 FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A l'aNTIQUE.

Lui-même après avoir recommandé la lecture de Tacite et de Montesquieu, ajoutait : « Ce sont deux auteurs de cheminée; il ne faut pas passer un jour sans les lire* ». C'est bien en effet ce que Ton retrouve dans ses Éloges : la rhétorique de Cicéron, dans ce qu'elle a de plus extérieur et de plus vain, Montesquieu et Tacite repensés par un régent de collège et devenus grotesques sous le costume dont il les affuble. L'antique qu'il représente, c'est celui du Conciones dépouillé de toute sa substance historique, c'est l'antiquité conventionnelle et ridicule des discours de classe et des harangues de distributions de prix.

D'idées, Thomas n'en a pas, à moins que l'on n'accepte pour telles ses amplifications sur la vertu, ses éloges de Caton, de Brutus et de Thraséas, ses invectives contre les tyrans. Mais en revanche toutes les figures de rhétorique sont mises en œuvre et en particulier la prosopopée, dont personne n'a plus abusé ; si ce n'est ses imitateurs de la Convention : « Français, que sont devenus ces vaisseaux que j'ai commandés — c'est Duguay-Trouin qu'il fait parler, — ces flottes victorieuses qui dominaient sur l'océan? Mes yeux cherchent en vain. Je n'aperçois que des ruines ; un triste silence règne dans vos forts.... Français, soyez grands comme vos ancêtres; régnez sur la mer et mon ombre, en apprenant vos triomphes sur les peuples que j'ai vaincus, se réjouira encore dans son tombeau *. » Veut-on maintenant des antithèses : Romains, dit-il, vous avez perdu un grand homme, et moi, j'ai perdu un ami ^ ». Veut-on d'habiles périphrases avec de discrètes réminiscences des grands auteurs : « Né avec un sentiment vigoureux et prompt,

i. Œuvres complètes, notice par Hérault de Séchelles.

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