‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 85 sur 281 · Acte V, se. vu · texte numérisé non relu

Acte V, se. vu

2. Cf. Levacher de Chamois, Costumes et annales des grands théâtres de Paris, II* vol., planche 45. (Costume de Ghépon dans le rôle d'Œdipe.)

3. Il est évident en effet, diaprés la grayure de Levacher de Chamois, queTacteur qui jouait Œdipe s'était inspiré du buste d'Homère

aime véritablement ce qu'il y avait de sincère, d'honnête et de simple dans la tragédie de Ducis. Et pourtant l'auteur a voulu faire une traduction. Il a même prétendu découvrir des sens nouveaux, ce qui lui a valu d'être rudoyé par Brunck dans les notes de son édition de Sophocle*. En réalité il est difficile de se gêner moins avec un texte : d'abord La Harpe a supprimé les chœurs sous le prétexte banal qu'ils ralentissent l'action * ; il a retranché à la fin de la pièce les adieux de Philoctète à Lemnos, ajouté au commencement du second acte un monologue peu intéressant. Si l'on songe avec cela qu'il n'a rien compris à ce qu'il y a de rudement héroïque, de pittoresque et de religieux dans la pièce, on est forcé d'avouer qu'il ne reste que le squelette de la tragédie grecque. Comme disait quelqu'un : t Ce n'est pas du Sophocle tout pur, mais du Sophocle tout sec^ ».

Mais il y a pis que cela, pis que le contresens littéral perpétuel, l'éternelle méprise qui consiste à confondre l'esprit et les moyens de la trégédie grecque avec ceux de la tragédie française. La Harpe disait dans sa préface : t Si l'on considère que la pièce, faite avec trois personnes dans un désert, ne languit pas un moment; que l'intérêt se gradue et se soutient par les moyens les plus naturels toujours tirés des caractères qui sont supérieurement dessinés; que la situation de Philoctète, qui semblerait devoir toujours être la même, est si adroitement variée, qu'après s'être montré le plus à plaindre des hommes dans l'île de Lemnos, il regarde comme le plus grand des maux d'être obligé

1. Cf. Brunck : Notae in Philoctetam, v. 293 : « ex gallici illius scriptoris verbis liquet aliud esse graecas contaminare fabulas, aliud eas inlerprelari. •

2. La Harpe, Philoctète (préface). — Cours de littératw^e, I, p. 293.

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