‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 84 sur 281 · Cf. Œdipe-Roi, v. 1390 et suiv · texte numérisé non relu

Cf. Œdipe-Roi, v. 1390 et suiv

2. Pour tout cela, voir la consciencieuse étude de Patin : Sophocle, p. 241.

LE THÉÂTRE ET L'iMITATION DE L'ANTIQUS. 131

phique et déclamatoire dont il nous parle de ses malheurs et de sa vertu, ni enfin dans cette apothéose finale, qui sent son cinquième acte d'opéra :

Je tombe et je m'élève à rimmortalilé *.

Si néanmoins nous voulons être justes, bien comprendre Toriginalité et la signification littéraire de VOEdipe chez Admète^ il faut oublier toutes ces taches ou toutes ces lacunes et ne retenir que l'impression d'ensemble. Au jour de la représentation, vit-on apparaître le vieil aveugle, comme dans l'opéra de Sacchini*, vêtu d'une simple tunique de laine blanche et une bandelette dans ses cheveux épars, rappelant un des chefs-d'œuvre de la statuaire antique, le fameux buste d'Homère du palais Farnèse^? Mais cela, en somme, est secondaire. Ce qui se dégageait de cette pièce, c'était une impression de douceur, de candeur et de piété; la grande image du vieillard devenu presque un dieu à force d'années et d'épreuves. Et autour de lui tout un cortège de formes gracieuses et pures, malgré leurs attitudes trop modernes, exprimant des sentiments très simples dans toute la fraîcheur de leur renouveau, l'amour filial, les affections de famille, le culte des vertus du foyer. Ces mœurs du temps ne sont pas trop loin des mœurs antiques, elles s'efTorcent même d'y remonter, de sorte que l'anachronisme se fait pardonner sans trop de peine.

Pour être tout à fait indulgent, il faut retomber au Philoctète de La Harpe. Alors on comprend mieux et l'on

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