‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 89 sur 281 · G. Desnoiresterres, Gluck et Piccinni · texte numérisé non relu

G. Desnoiresterres, Gluck et Piccinni

dépensa dans les batailles ardentes qu'excita l'esthétique nouvelle de l'auteur d'Orphée. Ce fut pis que de nos jours pour la musique de Wagner : partisans et adversaires étaient montés à un degré d'exaltation extraordinaire. Le succès de Gluck devint presque une affaire d'État, où la reine elle-même dut intervenir * — et l'on sait que ses sympathies pour le maître allemand furent perfidement exploitées par ses calomniateurs*.

L'abbé Arnaud, un des plus fervents admirateurs de Gluck, écrivait : « Les admirateurs du chevalier Gluck s'honorent de porter jusqu'à l'enthousiasme les sentiments que leur inspirent les beautés de ses productions sublimes^ ».

Aux représentations, c'est tout au plus si les spectateurs n'en venaient pas aux mains, comme au temps d'Hernani : « Pour moi, disait l'un, je ne salue pas un homme qui n'aime pas Gluck* », — et en général, aux yeux des partisans du chevalier, « on n'avait pas figure humaine quand on ne regardait pas la musique de Gluck comme la plus belle possible * ». A ces hyperboles adniiratives répond une égale inintelligence de la part des adversaires. Comme il fallait s'y attendre, nous trouvons au premier rang La Harpe et Marmontel, le premier dans ses articles du Journal de politique et de littérature, Fautre dans son Essai sur les révolutions de ta musique en France. Tout ce que le pédant isnie et la médiocrité peuvent trouver de sophistique décente et mesurée quand on dérange leurs habitudes ou leurs

1. Si Gluck fut soutenu par Marie-Antoinette, Wagner doit â Napoléon III d'avoir été représenté à Paris. Cf. Baudelaire, Vart romantigue, p. 240.

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