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doctrines, fut mis en œuvre contre Gluck. Mais il serait trop long de suivre toute cette polémique et de compter les attaques et les ripostes *. Ce qui nous intéresse surtout ici, c'est l'influence de cet étranger sur le mouvement antiquisant de la littérature française et en général la façon dont il a compris l'antique.
Dès le soir même de la représentation d'Iphigénie en Aulide, les partisans de Gluck furent convaincus qu'il venait de nous rendre enfin la tragédie grecque : « 11 fut décidé, dit La Harpe, qu'avec son harmonie, son expression et sa marche rapide, on aurait non seulelement le meilleur opéra possible, mais la véritable tragédie chantée, la tragédie grecque, la t douleur antique * » que lui seul avait retrouvée. On allait plus loin, on annonçait... que ce nouveau genre de spectacle ferait tomber la tragédie déclamée ^. »
C'était donc non seulement une révolution musicale, mais une révolution littéraire que devait accomplir l'opéra de Gluck : < Je désirais, dit l'abbé Arnaud, un grand ensemble de musique qui m'offrît le même plan, les mêmes gradations, les mêmes développements, le même accroissement d'intérêt qu'une tragédie bien conduite et bien faite; et tout cela, j'ai cru l'apercevoir dans VIphigénie de M. le chevalier Gluck *. » — Ce qui encourageait ces illusions, c'était le système de l'auteur, chaleureusement exposé et défendu par ses partisans. Lui-même disait, dans une lettre à Suard : t Lorsque j'ai considéré la musique non pas sewlement comme Vart d'amuser Voreille, mais comme un des plus grands moyens d'émouvoir le cœur et d'exciter les affec^ tions, et qu'en conséquence j'ai pris une nouvelle