INTRODUCTION
On se propose d'étudier ici ce mouvement de retour à l'antique qui, à partir de la seconde moitié du xvni'^ siècle, s'est propagé dans la littérature et dans l'art jusqu'aux approches du romantisme, bien loin de s'être limité à quelques petits groupes isolés et à quelques œuvres particulières. Ce mouvement est conforme à l'essence même du classicisme, dont le principe fondamental est limitation. Il a été favorisé chez nous par diverses circonstances historiques que nous étudierons, mais c'est surtout dans le paganisme croissant des mœurs et dans la disparition ou l'atraiblissement de l'idée religieuse qu'il faut en chercTier le principe. Il a échoué pour diverses raisons, mais spécialement parce que les Français d'alors ne surent pas ou ne voulurent pas se dégager de la discipline classique, telle qu'elle s'était constituée au xvii"' siècle. Ils furent trop personnels, trop exclusivement français ; ils n'arrivèrent pas à sortir de soi pour retrouver et recréer