‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 2 sur 250 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

(Ml eux lànio dos civilisations anliciuos; ol, daulre pari, ils continuri'cnl à voir dans rimilalion loul oxtériourc la loi siij)rôm(' (]o lart ; ils rcxa<4t'Mvront même conimo aucun dos vrais classiques no lavait l'ail. Dansées condilions, rovonir à ranli(|uo, c'ôlail rovouir on aniôro; celait prôtondro roconimoncor loule une évolution hisloricjuo. Mais connue tous les mouvements rétrogrades, celui-ci ne devait ])as aboutir. Il n'accuse (pie rimpuissauco et la stérilité: et ainsi ce retour à ranliijuo, jiar son échec même, n'a fait que manifester la ruine du classicisme.

Il faut envisaîî;er les choses do cette fa(:;on pour s"oxpli![uer les tentatives anti(piisantes do David et dAudré (]h('nior. D'ordinaire, (piand on arrive à celui-ci, on est fort embarrassé. Par certains côtés de son (Euvre, il no ressemble à aucun do ses contemporains. Aussi ne voit-on en lui qu'un cas curieux d'atavisme; ce seraient ses ancêtres grecs de (lalata qui auraient légu('' î\ ce nouvel Iloliono sa passion d'anli(jue poésie, avec le don de la Orace et le sens de la Beauté. Dans tous les cas, (Ihénier i-este un véritable accident dans l'histoire de notre littérature : en a|)parcnco il no se rattache à personne et lie conduit à rien. — D'un autre C(jté, la peinture de David no cousliluo pas un |>hénomène moins étrange, bien (pion essaie t\v l'oxpliipior j)ar rinniicuco de MajiluK'l Mongs et |)ai" le voisinage do la |>ublicalion du Jriiiif Anucharsis, ou encore et suitout |)ar l'ongoueuM'ut (pi'oxcit('rout les découvei'tos diburulanuni et de Pompéi. Au fond, on n'y voit guère

INTHOnUCTION. IX

qu'une laulaisit' pôdaulcscjue cl (Irraisonnnhk*, (|ui ne pouvait ahonlir à rien de solide et de sérieux. Il y aurait là un dilettantisme assez analoi>ue à celui de GœHie et de Scliiller pcndaul cette période de leur carrière littéraire, que les Allemands appellent \a prriodf aul'unùsanl.e [Die anlikish-i^ndi' Période^.

Mais SI Ion y regarde de plus près, on s'aperçoit que Ghénier, comme David, n'a fait qu'exprimer d'une manière plus singulière ou plus paradoxale un étal despril et des aspirations qui sont ceux de toute la seconde moitié du xviir siècle. Le retour à l'antique n'est pas une l'anlaisie éclose dans une cervelle de dilettante ou dérudit : c'est un besoin qui a liavaillé les esprits depuis les fameux Discours de .lean-.Iacques, dont la rhétorique toute latine et les prosopopées fameuses glorifiant les grands noms et les grands souvenirs de l'antiquité avaient remué si fortement les imaginations. Si l'on se tourne vers les littératures étrangères, c'est encore sous l'influence du même besoin : on demande aux Anglais et aux Allemands modernes la même chose qu'aux anciens. Plus de simplicité, plus de naturel, plus de force, plus de pathétique, voiLà ce que l'on voudrait acquérir et ce que l'on croit trouver dans leurs livres. Mais c'est le courant antiquisant qui est le plus fort, soit toute-puissance de la tradition, soit affinité seci'èle entre le génie antique et le génie

1. Cf. II. IlelLner, Lilcrdltiri/eacliic/i/c des iS'"' lahrliuiulerls, III, III, 0 -•''^- — "'^ liowanlisc/ie Schuli^ in ilirem inneren Ztisammeiihanf/e mil Gœthr iind Schiller, 2 88.

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