‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 103 sur 250 · Cr. Te.\le, op. cit., p. 300 et suiv · texte numérisé non relu

Cr. Te.\le, op. cit., p. 300 et suiv

ne connaissait pas ^ — Mais liicn plus ipio Tiioinson, les progrès exiraonliiiaircsdes scieiircs de la iialuivaii XVIII*' sièclo ont conlrilnif' an (Irvoloppoincnt du griii'o descriptif -. La science et les drcruivortos du temps ont fourni la matière: la rhrlori((ue classique qui énumère et qui classe, a fourni la forme. Ajoutons qu'on était las de ces éternelles tragédies taillées sur le même patron. On voulait faire du nouveau el prouver au reste de l'Europe qu'on était capable dautie chose que « de tragédies et de chansons • ».

Le poème des Saisons de Saint-Lambert esta proprement parler le premier en date des [)oènies descriptifs ' ; d'ailleurs on en parlait depuis si longtemps, que Tau leur peut être considéré, chez nous. comm(> le véritable initiateur du genre : après y avoir travaillt- pendant « près de vingt ans ^ d, il le publia enfin en 1769 avec un discours préliminaire, trois petits romans, plusieurs pièces fugitives et quelques fables orientales. Ce fut un désappointement univei-sel. surtout pour f|ui-

1. Grimm Ini-iiirinc le riTonnait. implicilemciil ilaiis ses rritiqiips : ■■ Le ilofaul do vp poème consiste dans utir Irn/i (irande ,ichesse (rimof/es et de poésie. A force d'être rieiie et lleuri.il devient monotone el fatigant. » {Corresp. litt.,l\.2\8.) Se rappeler cependant le? méchante* critique? de Voltaire, qui met Saint-Lambert, au-dessus de Thomson; voir notre chap. I.

2. 11 y a une autre cause aussi, qui est extrêmement importante et dont nous avons parh' ailiein-s, chap. vu), c'est la confusion des limites de la peinture et de la poésie. On est convaincu qu'il faut être un peintre pour être un poète : au fond, toute la poésie descriptive est sortie de cette idée.

3. '■ La nation française est la nation la moins poéli(pie de l'Kurope. Kilo naime, elle ne "onnait guère que deu.v espèces de pt)ésie : les chansons el le lliéàlre. •• (Ilivarol, Carresp. un., Xlll, l>. IT'-t.) — Voir aussi l>elille, l'réfaco des Jardins, oAc.

>. Nous ne parlons ni des premières pièces de Saint-Lambert, Le Soir el Le Mdfiii, ni même des Quatre Saisons de Bernis, que l'auteur intitule pompeusement : T.es Géorffiqvf^ françaises; ce sont des ieuvres par trop insignifiantes.

b. Correap. lift., VIII, \".

LES » IMtKT.i: MINORES ». 181

conque siippiihiil la Iciitcnr de rrliirubration : on s'attendait à liouvcr tMi Irani^ais le pendant des Gf'oj'yiqiiefi on du De uatura renim: et Ton ne comptait qn'nn versificatenr de plus '.

Très modestement (railleurs, Saiut-Lanii)ert avait ramené le sujet à sa porti'c : il ne |)rétendait pas, comme Vire^ile, décrire les pratiques de l'agriculture, donner des préceptes : il aurait fallu, pour cela, s'y connaître, surtoul aimer la terre et être capable de la cliantei'. 11 se propose tout simplement de donner le goût de la campagne aux gens du monde et, en particulier, aux grands propriétaires -. La différence est énoi-me : il ne s'agissait plus de raconter la vie des paysans, mais d'amuser des yeux et des esprits blasés : ainsi s'expliquent ces épisodes galants et surtout ces tirades de pliilosopliie (jui dé[)laisent si Ibrt dans le poème de Saint-Landjert et qui en rabaissent le ton si maladroitement.

Cependant, même compris de la sorte, le sujet était encore grand ; Saint-Lambert La senti : [les poèmes de Virgile et d'Hésiode hantent son souvenir. Il s'excuse de ne pouvoir, comme eux, s'intéresser au détail de la vie rustique '. Mais si mondain qu'il soit resté, il a vu tout ce qu'il y a de sérieux dans laniour des sexes tel que Lucrèce et Virgile l'ont chanté. Sa description du printemps est pleine de réminiscences antiques : dans tout ce qu'il dit de l'omnipotence de l'amour, des amours du cheval et du taureau, du tigre et du lion *. on retiouve l'accent de l'Invocation à Vénus et du III livre de-: Géorgiques. Ce qui manque, c'est le

1. Con-esp. lill., VIII, 2S8 : ■• Sans les pièces fugitives de M. de Sainl-Lambert, où il y a du sentiment et de la verve. Je dirais que c'est un bon rimeiir. mais non pas un poète. ■>

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