‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 107 sur 250 · Fastes, II, v · texte numérisé non relu

Fastes, II, v

4. f^acra recognosces aiinalilms cnita |iriscis. {/■'aslet. 1. 7.)

Li:S « l'ÛET.K iMI.MiHES ». 185

cnir parfois d'Ovùlo, iinitor. par exoinple, la légende de Syrinx ', c"esl la coidcur inodenie (jui l'emporte. En soninic, on un sujet où il est [larticulièrement déplacé et déplaisant, inli'tision de l'esprit de [)ropagande antieléricale du wiir siècle, avec tout ce qu'il apporte de platitude et diniiilclligence dans les choses religieuses, l-^parpillemenl de l'ceuvre. décousu de la composition : c'est une série de morceaux descriptifs. Dans Saint-Laudicrl. lo poénie didacti([ue était encore lidèle à son titre : il voulait cuseiijner le bonheur de la vie rusfi(pie et s'y elfoi'çait honnêtement. Chez Lemierre, c'est le poème didactique sous sa forme littéraire. Il n'apprend plus rien. Le sujet est indifférent. Le livre pourrait s'intituler tout simplement : Des vers. Cet abâtardissement du poème didactique est encore plus sensible chez Delille. L'idée qu'il s'en fait, il a eu soin de nous en avertir lui-même dès le début du discours riu'il a mis en tète de ses Géorgiques : « Hésiode était plus agriculteur que poète ; il songe toujours à instruire et rarement à plaire ; jama/.s une digression agréable ne rompt chez lui l'ennui et la monotonie des préceptes. » Et plus loin : « Si les épisodes sont nécessaires même dans le poème épique,... ils le sont bien davaidage dans le poème didactique, pour couper la monotonie el adoucir l'ennui des préceptes. » Il dit des préceptes moraux la même chose ciue des préceptes techniques : « Indépendamment de l'aversion naturelle que nous avons pour eux, (ils) sont si éloignés de nos sens que rarement ils fournissent au poète ces belles descriptions, ces vives images, qui font l'essence de la poésie. »

Delille adoucira si bien l'ennui des préceptes, qu'il n'en restera pour ainsi dire plus rien. Le poème didac-

i. Fastes de Loniicrro, tliap. xvi; Ovide, Mélamorp/i., I.

Vu[i\o (lovipiidra pur(>mont descriptif, sans rcliapper, comme il le voulait, à la monotonie. Rivarol s'en amusa à propos dos Jiinl'ni:^ : « Dans le I*"" chant, dit-il, lauteur entreprend de diriger l'eau, les fleurs, les gazons, les ombrages; dans le second, les fleurs, l'eau, les ond)rages ef les gazons; dans le troisième et le quatrième, il dirige encore les ombrages, les fleurs, les gazons et les eaux '. » — Quoi «pi'il en soit, c'est dans cet esprit ((ue Delille a comiiosé tous ses poèmes. Nous pouvons en ]>arler dès maiidenant. même de ceux <iiii n'f>Ml paru (juau siècle suivani, car tous ont été conçus à la même époque que les Jardim. ou même récités par fragments bien avant leur publication définitive -.

Delille est le descriptif par excellence. 11 a poussé si loin la perfection en ce genre, qu'on l'a considéri? comme un véritable chef d'école.

Le poème descriptif consiste non seulement, comme chez Thomson ou Saint-Lambert. — à décrire les aspects de la nature, mais à mettre en vers n'imporle quoi. Plus le sujet paraît éloigné de la poésie, plus l'habileté du poète en est triomphante. Delille décrit tout; depuis la raquette jusciu'au jardin de Versailles. Naturellement, — le sujet menu,' de son poème l'y obligeait, — description des jardins fameux du temps, —

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