‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 111 sur 250 · Porlr. nu.. 11. p · texte numérisé non relu

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LES « l'OET.K MINORES». |89

D'itpi'ès cela, cl sui-fout si l'on sniii,»-»' ;mx dc-ltiils lil- ItM'iiires (le lahltr Dclillc, à ses succès trccoliei'. à sa |)roinicrc vocalioii de |)rofesseiif. on peut déliiiir ses \ (Ms le Irioiuplie de la po«''sie de collège dans le gonl jésuite : c"est \e tniducteitv-nc. Leheau trouvait indécent qu'un académicien dictât encore des thèmes latins ' et lit nommer Delille au Collège de France. Mais Delille ne changea pas de métier pour cela: on peut dire qu'il a t'ait des Ihèuies latins toute sa vie.

Sa grande su|téiiorité, c'est d'abord d'avoir eu plus que tout autre l'instinct et la vocation du genre et d'en avoir su admirablement tii-er parti. Un des éléments de succès qu'il a le plus cultivés, c'est la mode et l'actualité. Kvidemment cet abbé mondain avait la manie des champs, on ne comprendrait pas sans cela qu'il s'en soit occupé dans trois poèmes. Mais voyez comme le moment de la publication de ses (iéoryiqiies est bien choisi : « On ne peut publier, dit-il, dans un moment l)lus favorable la traduction d'un ouvrage sur l'agriculture. Cette matière est devenue l'objet d'une foule (le livres, de rechercli<>s et d'expéi'iences. Dans toutes les jiarfies i\i\ royaume, je vois s'élever des sociétés d'agriculture -. » C'est lui-même qui parle ainsi. Et en effet, c'est le temps oîi Voltaire mène grand bruit autour de ses entreprises agricoles et s'affuble du nom de Triptolèhic. où les Clioiseul. les La Rochefoucaultl.inncourt se posent en gentilslKuiinies campagnards: où la ipiestion des grains j)assioune les salons, où l'abbé Galiani écrit sa brochure.

Mais ce n'est pas seulement le moment et le sujet qu'il choisit, ce sont les épisodes les plus cajjables de

1. DcUilc était toujours professeur de truisiùnic .lu collège de la Marche.

2. Discouru prélirninaire fen tète de la traduction des Gpov' giques).

I9U IIN UU CLASSICISMK KT KETOUK A l'aNTKJLK.

mordre sur le public. Le public est sensible, il a vaj^fuemeiît le goût de l'exotisme (Bernardin va venii'): voici lin épisode (pi'il applaudira sûrement : le jeune Potaveii. sauvage d'0-Taïti. rencontre un bananier au Jardin du Roi. Il se précipite sur Tarbre. il lemljrasse en pleurant.

El son âme allcndrio

Du iiinins (loiir un inslaiil roiroiivc sa patrie '.

On a le culte des sentiments domesti(iues, le culte des morts à la manière anticpie : Delille ne mancpie pas de placer des cénotaphes dans ses jai-dins, à la mémoire d'un ami ou d"im parent :

No (l'aii-'iiez poiiil d'olTiir des unie-;, des loiiihcaiix '-...

La guerre d'Amérique vient de finir : nos victoires navales sur les Anglais ont relevé le patriotisme. 11 y aura donc, dans un bos({uet, un obélisque avec cette inscription : « .\ nos braves marins mourant pour la patrie '. » Tous les engouements, toutes les manies de l'époque, les découvertes h sensation, les grands hommes, les mots du jour, les anecdotes qui étaient dans toutes les mémoires, — les jardins anglais, \o\taire, Hulïon, la pervenche de Jean-Jacques, l'araignée de Pellisson, — tout cela trouve place dans les vers dr Delille. C'est à la fois un mémento scientifique, un almanach et un ()anorania populaire. On conçoit qu'il ait eu un succès prodigieux. Les lectures cpiil fait de ses vers sont de véritables triomphes ; « si nous ne craignions |>as d'avoir été séduits par l'illnsion (pie l'ai't du lecteur a su pnMer à son ouviMgc. nous

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