Liv. V. (jd. vin
2. Chènedollé, Ma première visite à liivarol, cilé par Sainte- Beuve, Chateaubriand et son groupe, 11, p. 107.
220 FIN Dl" CLASSICISME ET RETOUR A L ANTIQI'E,
cette poésie : qu"il s'agisse des plus féconds comme ral)l)é Delille ou des plus lents à composer comme LeliiMiii (pii a passé sa vie à i-evoir ses brouillons, — ce qu'il y a de plus l'rappaid cliez eux tous, c'est uni' stérilité poétique presque complète et un absolu dénnment d'invention '. Le mal dont le classicisme va mourii' est arrivé, avec eux, à sa i)éi'iode aiguë : ce n'est pas autre cliose qu'un retour au principe fon damental du classicisme h ses débuts, qui est Vlmitation jmv rextcrieu)\ — le pastiche ou la pai-aphrase. Que fontils en effet? — Les plus ambitieux et les mieux doués ont tous la prétention d'écrire un grand poème scientifique sur la Nature, ce qui était déjà une singulière méprise; mais au lieu de tenter, comme Dante ou Lucrèce , une vaste synthèse poétique de l'univers . sur les données de la science de leur temps, ils se perdent dans le détail de l'analyse scientifique. Ils mettent en vers des formules, ou s'ils jugent l'entreprise ti'op ardue, ils versifient tout simplement des lieux communs sur « le bonheur |)hilosopliique » qu'on goûte « au sein de la Nature ». Les purs descriptifs sont encore plus à l'aise : ils n'ont qu'à regarder autour d'eux et à prendre n'importe quoi pour trouver des matières de vers français. Cette mise en vers de toutes choses, n'est-ce pas en somme le vieux procé(b'' de V amplifient ion, qu'on Iroiivc à l'origine comme à la lin de toutes les littératures classicpies? Le fond étant insignifiant ou d'enq)runt. il n'y a que la forme qui compte.
Le secret de la beauté de la forme, les pseudo-classiques (\n xvm" siècle \r redemandent surtout aux anciens. — nous avons assez dit sous l'influence
I.N'esl-re pas siii'Ioiit parfc. qii"il avait conscicnre de ce vice radieal de la poésie do son temps, (|iie (iiiénier a iiitiliil*^ le plus important de ses poèmes : l.'invrniioni
LES « l'UET.K .MINORES ". 221
tic (luoi iiiouvemciit d"i(lrcs. Ils les (■Imlii'iil cl ils les imitoiil. non i)as seuloiniMit dans quelques passages, mais ilans des épisodes eiiliers. mais dans le détail de leurs expressions. Cette étude, jusleinenl par tout ce (luelle avait d'extérieur et d'ingrat, les acliemiuc vers la traduction, où presque tous finissent par se tenir et tjui est en effet le plus complet triomphe de la \ irluosilé du versificateur et du styliste.
En somme, c'est uniquement le style qui les préoccupe : ils oublieront si bien les choses pour les phrases ((ue la première tâche des romantiques sera de rapjtrendre le sens et fusage des mots. — Lorsque Chènedolh' i)rit congé de Rivarol à Hambourg, celui-ci lui remit sa traduction de Dante en lui disant : « Lisez cola! 11 y a là des études de style qui formeront le vôtre et qui vous mettront des formes poéti«pies dans la tète. C'est une hune d'e.vpvessions. où les jeunes j)oètes peuvent itiiiser avec avantage '. » — Voilà donc le suprême conseil qu<> donnait à un débutant un . des ])lus biillanls rhéteurs de cette décadence classique : le dernier procédé du classicisme Unissant; c'est un procédé d'écolier. - la chasse au,v expressions.
I. Chènedolié. Ma première visUe à Hivarol. dans Sainte- Beuve, op. cit., II, p. 169.
CIIA1MTI5K VI
ANbUl-: CUliMliU
I. Ui'igiiialilé tle Chénior comparé ;i ses conloniporains. — Iksl rie lions et rogrels. — Inaclicvenieiil de son o-uvre el inçerlitinle du texte. — Le problème du plan, comme pour les /V«se>i' de Pascal. — (lliénicr n'a pas fait école. — Admiration irrt''llécliii' des ronianli<]ucs.
II. Kii i|iioi Cliénier de\aMce son siccic. — Li' poème de l'IniM-niion. — La |isycliologie du poêle. — L'entliousiasme faculté mailresse. — Dillerences avec Hoileau. — Théorie de riiivcntion. — Son caractère idéaliste. — Ses limites. — Toute poésie doit être vécue. — La modernité. — L' tiennes. — Théorie de limitation des anciens. — Cliénier helléniste et latiniste. — Prédilection pour les alexandrins. — L'esthétique alexandrine: la grelTo |>0('li(|ue. — Distinction des f.'enres. — • Les jdans de tragédie-; et de satyres d'André (Ihénier. — l.'lnvrution est une poi'tique complète : rétrécissement de ri'iéal classique.
III. L'apidieation îles théories. — (Hiénicr est un dilettante. — Elève de David, Winckelmann. — Les publications sur llercidanum et Pompéi, son voyage à Home, ses connaissances en sculpture el en musique. — Le sentiment de la couleur. — Le sentiment du nu. — La composition iiicturale el la plastique. — Le sens de la beauté des mots. — La couleur locale. — L'homme du xviii" siècle. — Le sentiment de la nature : les paysages, le musée de Chénier : Watteau, Houclier, Loutherboury, Vien, David et Le Poussin. — La volupté, la grossièreté du siècle. — Le goût du iiixf. la talde, les boudoirs, les modes.
IV. La valeur de l'œuvre, sa modernité apparente. — Chénier est un alexandrin. — Contradiction entre ia théorie de l'in-
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vciilion l't la Ihi'oric de rimilalion. — l'(Mifi|ii(ii l'Ilcnnèn (levait cclnmer. - Mi'ino erreur que llonsard sur la lan!.'ue el lo style. — La molaphore iiicoliéreiite. la périplirase. - La vcrsiticatioii, ce (|u'elle a d'arbitraire et de faux. — Banalité des idées. — La qualité de l'antique eliez André Chénier : il ne dépasse ]»as son Icnips. — André Cliénier mosaïste comme l'abhé Barthélémy. — Le vers latin. — Incohérence du style.
V. Physionomie lill<'raire d'André (llu'nier. — Résumé de ses théories, leur portée : élroitesse du jirincipe de Timitation lies anciens, intransigeance classicjue d'.Vndré (Chénier. — Stérilité de l'd-uvi'e. inlliience lointaine sur les romanliiiues.
^'^)ici enliii iiii vrai poèlo qui, se sritaraiit de loute celte tourbe de versificateurs, semblait devoir expriinei- làmo même du siècle, avec sou idéal de vie voluptueuse et liljre. son enthousiasme pour la nature et la science, son culte grandissaid de la beauté aidique. Au sortir de Lelirun et de Delille. quand on est encore étourdi de ce caquetage et de cette rhétorique grondante et boursouflée, il olïre soudain comme iMi délassement à l'esprit et une reprise à l'imagination. Il apporte une l'raîclieur de nouveauté et d'invention. On sent qu'il a quelque chose à dire, on recommence à comprendre ce que c'est C{ue la poésie. Mais pourquoi faut-il qu'avec lui on en vienne tout de suite à des restrictions et à des regrets?
D'abord sommes-nous bien surs de posséder son œuvre? S'il y a une énigme irritante dans l'histoire littéraire, c'est, avec les Pensées de Pascal, celle de l'o.'uvre d'André Chénier. L'un et l'autre il laut nous résigner à ne les connaître jamais parfaitement. Tout un groupe de manuscrits de Chénier — celui qui renferme la partie la plus importante de son œuvre —
22 V FIN nf CLASSlClSxME 1:T Hli;TOUR A L ANTIQUE.
s'est perdu '. Lrxtellciito édition de Beeq de Fouquièivs, — celle de 1872 — nest en somme que la reproduction de l'édition de Lalouchede 181".), corrigée et augmentée de l'apport des éditions ultérieures. Un second groupe de manuscrits était resté entre les mains de (iabrielde Chénier, le neveu (]u j)oète. (^elui-ci en a tiré une édition tellement confuse, qu'il a tout remis en cpiestion. si bien qu'après son édition de 1H72 — qu'on aurait pu croire à peu près définitive, — Bec(j de Fouquières a été obligé d'en donner une refonte en 1881, mais sans pouvoir consulter les manuscrits originaux (|ue détenait Ciabriel de (lliénier et qu'il s'esl toujours refusé à communicpier. Aujounl'hui ces manuscrits sont déposés à la Bibliothèque Nationale et une revision s'impose du dernier texte de Becq de Fouquières. Mais si loin qu'on en puisse pousser l'exactitude, il n'en est pas moins vrai (jue nous nous trouvons en présence non pas d'une œuvre, mais d'une ébauche. Bien plus, il est certain qu'un grand nombre de ces fragments seraient entrés dans des (euvres fort différentes. Certaines pièces auraient j)eutctre été supprimées qui ne sont que des essais de jeunesse, comme les Épîtres écrites de Strasbourg *.
1. Cesl ce (pie 15i'ci| de Foiupiièros a ap|iclé le {,'roiiiie L. « Que sont (levemis les manuscrits du groupe L, (pii forme presque rcnsenilile de l"(jnuvre d'André Ciiénier? sonl-ils perdus? Nous avons vu que Lalouciie a dit lui-même qu'il les conservait précieusement, on peut donc espérer qu'ils exislenl encore el qu'ils sont parmi les iiapiers <Iu premier édileur. Mais où sont ceux-ci? Il y a là une enquête à Taire, d'autant plus importante que, sans les inanuscrils du f/rutipe L. on n'arrivera Jamais à la constitution délinitive du texte des poésies dAndré Ciiénier. ■■ — Bec(| de Fouquières, Docuynents nouveaux sur André Cliénicr, p. li:.).
i. Sous la condition qnils ne pourront être comiiuuiiqucsau public qu'en 1910.
3. Les épitres i, ii. m. Cf. llecq de Fouquières. éd. 1S"2 — D.ins tous les cas. il ressort d'iu) projet de préface d'.Vndré
AXDRK CIIÉNIBR. 223
Dans quels niorronux certains vers isolés seraient-ils entrés (léfinitiveinenl?Ouel ordre enfin le poète auraitil adopté? car de même que les alexandrins ses maîtres il devait attacher une importance et une signification esthétiques à l'ordonnance d'un recueil ', On voit que le problème du phm est aussi insoluble pour André (^liénier cjuc pour Pascal.
Mais ce qu'il y a de plus grave, c'est cju'André Ghénier est une véritable exception au milieu de ses contemporains. Les seules pièces cju'il ait publiées de son vivant, le Serment du Jeu de Paume et les Suisses de Chdteauvicux. ne dilTèrent pas sensiblement de la poésie de Lebrun. On peut en dire presque autant de ses VAikjies. Comment se serait-il comporté avec le reste de son œuvre, — ces fragments qui sont ce rju'il y a de plus antique chez lui et cjui forment la part la plus séduisante pour les modernes"? Aurait-il même publié tels quels CAveiii/le et le Mendiant'^ Enfin et surtout aurait-il
Ghéiiier lui-nièmo. (ju'il aurait fait un clioix de ses ouvrages pour une première édition : « L'auteur de ces poésies les a extraites d'un grand nombre qu'il a composées et travaillées avec soin depuis dix ans. Le désir de quehjue succès dans ce genre et les encouragements de ses amis l'ont enfin déterminé à se présenter au lecteur. .Mais comme il est possible que ses amis l'aient jugé avec plus fie faveur que d'équité, et aussi que les idées du public ne se rencontrent pas avec les siennes, il a cru meilleur d'en faire l'essai en ne mettant au jour qu'une petite partie de ses ouvrages. Car. si le peu qu'il publie est goûté, il en aura plus de plaisir et de courage à montrer ce qui lui reste: sinon il vaudra mieux pour les lecteurs d'être fatigués moins longtemps et, pour lui, de se rendre ridicule et ennuyeux en moins de pages. ■> Œuvres en prose d'André C.hénier, p. H II.
1. Voir par exemple la discussion de Weslphal sur l'ordre adopté par Catulle dans son recueil. Ce qu'il y a de certain, c'est que l'ordre adopté n'était ni chronologique ni analof/ique, mais tout eslhétique et ayant probablement pour principe une sorte d'architecture métrique. — R. Westphal, CalulVs ficdichto in iltrem geschiclilli'hon Ziisammenhnnge.
l'ait école? Autant de questions auxquelles il est impossible de i'(''pondrc absolument.
Une autre cause d'incertitude pour* la critique, c'est qu'il a paru pour la preniièi-e lois aux débuts même du romantisme, à une époque où l'idéal poétique était diamétralement opposé au sien, et que néanmoins il a été fort atlmiré. Les romantiques n'ont-ils pas faussé le caractère de son œuvre, en l'attirant à eux '. ne se sont-ils pas fait de lui une image selon leurs aspirations et leur goût? Tout cela est encoi-e bien difficile à démêler.
Quoi qu'il en soit, et si conjecturale que send)l<i devoir être toujours une édition d'André Clienier. nous devons lui donner ici une place à part. Ce qui nous intéresse chez lui. ce sont ses théories d'art. Pour cela, nous tenons dans le poème de Vlnxcntion la i)ièce capitale du procès. Tout le mouvement antiquisant s'y résume et s'y formule et il est probable que, si Chénier eût vécu, ce poème eût été comme V Art poéliquc ou la Préface de Cromwcll des néo-classiques. Pour ce qui est de l'application, nous pouvons — dans une certaine mesure, et avec toutes les restrictions (pie nous avons faites au début — essayer d'en juger li'après son œuvre même, si iucomi)lète et fragmentaire qu'elle soit.
\. Victor llii^-'o, compar.iiil Anilrc Cln-nicr el Laiiiarlinc. les flefinil ainsi : ■■ Le f)reniier est romaiiliiiiu' |iariiii les classiques, le second est classiijiie parmi les ronianlicines ». Litlératia'e cl }ihili).<inphie mélépu, I, 92. Il y a peut-être là une pari (le v(>ritt'. C'est Sainte-lîeuve surtout (|ui a le plus conlrihné à fausser la sifinification de l'nuivre d'André Clicnicr. Voir clia|t. IX, Le romantisme et la tradition cLaasique.
ANDRK r.IlKNIKR. 227
Anciré Chôiiicr a vécu presque coustammenl à Técart, avec qu('li[uos auiis pour conruients. sans grand désir de bi'uil et de renommée, du moins avant l'achèvement de son (ouvre telle qu'il la rêvait. Si nous voulons bien comprendre l'originalité de ses théories, il faut le replacer au milieu de ses contemporains et marquer les dilïérences.
Nous avons vu qu'un même mouveinenl. toujours plus fort à mesure qu'il se rapproche de la lin du siècle, entrahie tous les esprits distingués vers l'art et les littératures antiques. Voltaire comme Lebrun. La Harpe comme Diderot sont convaincus qu'il n'y a de salut pour le classicisme expirant que par un retour très franc aux sources mêmes des grands classiques, — les œuvres des anciens. Mais parmi tous ces poètes et tous ces critiques il faut distinguer des groupes, car tous ne conq:)rennent pas et ne veulent pas pratiquer l'imitation des anciens de la même façon. Les uns, comme La Harpe ou Delille, les admirent comme des maîtres qu'il faut sans cesse consulter, c|ui sont un<> leçon éternelle de goût, de naturel et de simplicité, dont l'art enfin a été prodigieux et peut encore servir de modèle; mais ils se souviennent aussi que nous avons une grande littérature nationale, que les modernes ont égalé et. en bien des genres, surpassé les anciens; qu'il ne s'agit nullement de sacrifier les premiers aux seconds et cju'avant tout, il faut rester Français. Sauf l'admiration des modernes, ce sont les principes mêmes de l'école de Boileau.
Les autres, comme Lebrun, Iiouch<;r, Ducis, tout en ayant la même admiration pour les modernes, étudient et imitent les anciens de plus près. Ce n'est pas seule-
ment le fond éternellement luuiiaia qui les attire, c'est encore et surtout la forme? qu'ils s'efforcent de reproduire laborieusement. L'auteur de VOdesur le vaisseau le Vengeur aurait eu peu de chose à faire pour devenir un pur ronsardisant. Dans tous les cas, il paraît probable que les jeunes gens de la génération suivante, les Millevoye ou les Chènedollé. auraient suivi ardemment André Chénier. Mais aucun n'a fait ce quil a fait. Aucun na été aussi intrépidement jusqu'au bout des principes du classicisme. C'est là évidemment une question de nuances. Toujours est-il que l'originalité sinon le mérite d'André Chénier a été de préciser et de formuler ce qui chez ses contemporains, même les plus avancés, n'était qu'une agitation très déterminée, mais un peu inconsciente, vers l'antique, et de transformer de simples tendances en une théorie.
Si en effet nous rapprochons du poème de VInrention l'Épître IV à Lebrun, nous nous trouvons en présence d'une poétique complète dont les principes sont aisés à coordonner.
Au début de son Art poétique Boileau n'avait pas jugé à propos de s'expliquer sur ce qu'il entend |)ar un poète. Il parle d' « astre » et d' « inllucnce secrète » : on naît poète, et voilà tout. Chénier sur ce point développe l'esthétique classique. S'il se borne, comme Hoileau, à constater la présence de la faculté poétique, sans davantage la délinir, il indique du moins à quel signe elle se reconnaît, il esquisse une sorte de psychologie du poète : ce signe c'est l'enthousiasme. Et par là Chénier rejoint tout de suite les anciens, car il ne faut pas s'y tronqier, leidliousiasme tel qu'il le comprend n'est point du tout le tiélire farouche des romantiques, l'e-xaltation déréglée et sauvage que l'on vatdei-ii plus tai'd d'après M""^' de Staël et les |)oètes
ANDIU: CIIKMEU. 229
iîei'inani(|iios. Cliriiior iradinclli'ait point ((ii'il y ait (le la poôsio « dans les eaux du Slrynion glacé et dans l'ivresse du Tlirace ' » : son enlliousiasine, c'est celui (lue Virgile attribue aux i)oètes priniilils. aux antiques tlevins et aux sibylles. C'est encore celui ([ue Platon louait un peu ironiquement dans le Phèdre et dans Mon : un dieu habite i)ai' moments dans l'àme des poètes, rythme leurs mouvements et leurs paroles et fait entendre par leur bouche des choses belles et sages *. Est-il étonnant que la Raison et la Beauté éternelles s'expriment ainsi dans un ravissement de tout l'être ?
Telle lu touniu'nlée en l'ardente saison...
Tel le bouillant poète en ses transports brûlants.
Le front écfievelé, les yeux élincelants.
S'agite, se débat, cherche en d'épais bocages
S'il pourra de sa tète apaiser les orages
Et secouer le dieu qui fatigue son sein *.
Chénier revient à plusieurs reprises sur celte divine lolie de l'inspiration :
f.olui quun vrai démon presse, eiillainnie, dnMiine, Ignore un tel supplice, il pense, il imagine, Un langage imprévu dans son àme produit Naît avec sa pensée et l'embrasse et la suit ï.
C-e privilège de l'inspiration l'ait du poète un être à part, un être sacré : il est prêtre des Muses. Ici encore