r.f. Correfrp. liltér.. II, 48;i; 111, 9.i; Vil
3. Cf. Jules de (Concourt, Madame de Pumpadmir. Voir aussi Im Femme nu XVIll' siècle, ]>. 13 i et suiv.. pour la manie encyclopédique d s femmes.
liant est de suivre des cours: le Lycée va s'ouvrir — véritable université mondaine, où (londorcet professe les niathéniati(|ucs, l'ourcroy la cliiniie, Maiwuonlel et Garât, l'histoire, La Harpe, la littérature.
On peut se moquer de ces grands seigneurs et de ces gens de lettres, qui veulent savoir avec tout le reste comment on lait le pain ou comment se tisse une pièce de drap. 11 se mêle sans doute à tout cela beaucoup de frivolité et, chez le plus grand nombre, ces préoccupations n'étaient point sérieuses. Mais n'essaienl-ils pas en sonune de se donner par principes ci, il faut bien l'avouer, parfois d'une façon assez pédantes(pu\ Téducation que se donnaient instinctivement les Italiens du x\'° siècle? Armer son corps et son intelligence, afin d'être pins forts ou plus résistants, tirer de l'homme tout ce (pi'il peni donner, développer ainsi toutes ses facultés et voir dans la perfection du type humain \e but suprême de toute activité et comme le ternie du progrès, voilà le fond de hnu's doctrines. C'était en sonune un retour à l'idéal héroïque de la Renaissance, tel que Rabelais l'avait formulé '.mais, avec^ beaucoup moins de poésie — on ne saurait trop le redire. — avec moins de grandeur, moins de force et de jeiuu'sse surtout. Ouoi qu'il en soit, — et si diversement qu'on jiuisse juger l'reuvre du xviiie siècle en France, il n'(Mi reste pas moins vrai (jue nos philosophes ont pris conscience de ce qui, chez les hommes du xvr siècle, n'était (lu'un rêve puissant, mais confus, et que ce sont eux qui, les premiers, ont posé la CuUiirc comme hk'al.
Le prestige de ces idées est tel qu'elles se répandent
1. Voir CM particiiliiT la iloscriplion ilc l'alihaye de Tliélème cl la ri-Klc 'les llicléiuiles. Il me semble qu'on n'a pas suflisanuiieiil insisté siu' loni ce ([u'il y a île hardi el, pour nous anires, d'acliicl dans ces derniers cliapiires dn Hdryanlua,
LA RENAISSAM.E ItK l'iDKK FAÏKNNE. 19
pai'tout il l'étrangor : les principes en ont bien pu naître en Angleterre, voici qu'elles y pénètrent sous une forme française '. Toutes les conclusions de la philosophie d'un Hobbes, d'un Hoyle ou tl'un Newton ont été tirées par les La Mettrie, les Diderot, les Helvélius, les d'Holbach, et « c'est en France que le matérialisme moderne s'organise pour la première fois en système * ». En Allemagne, (Jietlie et Schiller ne feront que réduii-e en théorie cette conception nouvelle de la vie qui est comme latente et en tout cas diffuse dans les écrits de nos philosophes. Us se borneront à Télargir et à lui conférei" un caractère surtout esthétique. Les conditions d ailleurs étaient les mêmes en Allenuigne qu'en France : la guerre de Sept Ans venait de donner dans les deux pays un nouvel essor t\ l'individualisme '. Les échanges d'idées et les voyages tendaient de plus en plus à établir une sorte d'identité intellectuelle entre les principales nations de l'Europe. Aussi la liliérature allemande va-t-elle suivre une marche analogue à celle de la nôtre et ses deux principaux représentants s'acheminer vers l'antiquité, de même que nos écrivains vont y revenir par une conséquence naturelle de leur philosophie.
Ce retour à l'antique est tellement conforme à l'esprit du siècle, que l'inlluence rivale des littératures anglaise et allemande a bien pu le contrarier, mais non pas l'enrayer. Les journalistes et les traducteurs multiplient les communications avec les pays germaniques. Non seulement on commence à connaître leurs littératures et l(Mirs institutions, mais il n'y a presque pas de nouveauté anglaise ou allemande qui n'ait été