‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 157 sur 250 · V.ilc. (lis il Caniillc · texte numérisé non relu

V.ilc. (lis il Caniillc

Hue je ralteiuls; qu'ici, moi, dans ce bi'l asile.

Je l'aUends. Qu'un l)ei'ceau de platanes ('pais,

l.e même, en celle grolte, où l'autre Jour au frais.

l'iMii' nous, s'il lui sou\icnl. l'iieure ne fut )ioinl lenle...

11 n'est pas ('•tonnant (|nii l'ctronvc! ton! nul nrcllcnieiit. les accents de (Catulle. (|iril ail laif d<' i-epi-ondic son bien en limitanl. 11 pai'aplirase le « Vivanuis. nica Lcsliia. at((iie anienuis » :

Nous n'avons qn un seul Jourel ee J<)ur précieux S'éteint dans une nuil qui ii'.iina point d'aurore... Vivons, ma Lyeoris, elli' \icnt a grands pas. El dès demain peut-i'lrc elle nou^ environne.

(lonnnc cUcv. ^laUiIlc. cidlc ('vocalion d<' la nioi'l n'est qn'nn excilanl an j»laisii-. lani il csl vrai que pour Cliénier le l<»nl de ramone ol la voln])t(''.

il ne laul pas s'élonner davantage que cette sensualité dégénère vite en grossièreté. I^n cela eneoi-e Cliénier est l)icn de srni siècle : il (îst grossier eomni .' Montesqnii'ii dans les bUres persunes. eoninn- \ ollaire dans la PticcUc, comme I)ideri»t un peu partoid. S'il ne nomme pas les choses par leur lunn. il les indi<pH'. il les souligne eomplaisammeid :

Jamais île vos jjonlés la cniilidente amie

Ne vint m'ouvrir la nuit une |)orle endormie

Kl jusqu'au lit de pourpre, en cent déliuirs oliscurs,

Guider ma main errante a pa» muels et sùi*».,.

ANDKK CllEMER. 237

Je lai cru, pardonnez, mais ce sera, je pense.... Oui, c'est qn'en mon sommeil plein de voire présence. Un sonjze olficieux. enfant de mes désirs, M'apporta voire imape et de vagnes plaisirs '.

Il y aurait malheureusement d'autres passages à citer; et même une pièce entière — lidylle de Lydé — dont le sujet est simplement indécent. L'imitation de lépisode de Salmacis et d'Hermaphrodite, dans les Mi'tamorphoses d'Ovide , n'est certainement pas une excuse ou même une explication suffisante : les seuls coupahles. c'est Chénier et son siècle.

Cette merveilleuse époque de raffinements voluptueux et d'art délicat et iVagile, il l'adore jusc(ue dans ses inventions les plus éphémères et les plus menues : en artiste qu'il est, il en aime le luxe et la richesse. Il en aime les festins et les fêtes : c'était un convive des fameux soupers de (irimod de la Reynière '-. Les surtouts, les cristaux, les fleui's l'éblouissent. Il note l'éclair des vins dans une coupe, la profusion des fruits en pyramides croulantes, mais il célèbre surtout les vins avec le lyrisme et les mots d'Horace : les vins d'Espagne et les vins de France, le madère, le malaga, le Champagne et le bourgogne. Ce n'est plus le « piot » vulgaire de Rabelais, c'est le sang même de la terre natale. Avec cela, il n'oublie pas la suprême parure de ces fêtes, les femmes et leurs toilettes et les élégances de leurs boudoirs. Les glaces, — ces belles glaces Louis XVI tout enguirlandées de fleurs et couronnées d'attributs, — les vases et les bouquets sur les consoles, les < coussins odorants d'aromates remplis ». Il remarque même les jolies modes de la veille de la Révolution, si gracieuses et si fraîches. Les robes

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