‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 160 sur 250 · II. Sens dérivés, tirés du latin · texte numérisé non relu

II. Sens dérivés, tirés du latin

La mielleuse alicillc. (P. 135, v, 10.)

L'onde mnritime [pour Vonde marine]. iP. 10, v, "/l.)

Le mot fertile est souvent employé là où nous emploierions de préférence le mot fécond, comme en latin ferlilis :

. Sur ce bois fertile en agréables sons. (P. ~il, v. •2b.) Los fertiles pinccau.x. (P. 187, v. 25.) Les hurlrmenls ilc femme. (P. 2;i, v. v>54) : femineos idulatus. Des jeux, tous les cimi ans. rendront saint el prospère l>c jour où nous avons reou le grand Homère. (P. -iTi, v. •2'70.) Ces héros, dans le sein de leur ville perdue (sens du latin perditus).

(P. 197, V. 157.) C'est l'amour insensé (nui rend insensé, insaniis). (P. 53, v. 83.) Une vierge cliampi'tre (sens latin d'nt/restis). Devant lui Vherhc jette des fleurs 'sens latin de parère]. (P. 15-2, v. 28.)

III. Alliances de mots inusités. — Klles stjnl extrêmement fréquentes; il en a suiloul aluisé dans le Serment du .la/ dr Paume :

. . . ta grâce auguste et (icrc

iJe iiiitiirc et d'vlertiitv

Fleurit. ...(/. de P.. v. 27.) A son seul jioiii pétille un rire acre et jalmix (v. H'i).

Berceau des lois, sainte masure [y. 111). . . . . Kt quand sa bouche avec effort

Crie, il y plonge ensi-inblc et la flamme et la mort. (P. 23, v. 2.M.; De baisers maternels entremfilés de pleurs. (P. 55, v. 152.)

IV. Tours cah/ués sur le latin. — Ils sont en assez petit noml)re.

Voici par exemple une inversion très forte :

ANDRE CIIKMEK. 265

l'arriiidos, tromhlez. Ireinblfz, iiuligiics rois '!... De quoi rit ce troupeau d'eunuques du palais? Riez, lâche et perfide engeance-!

— ... Non, non, il n'y faut plus songer. Quoi! toujours un soupir vers elle me ramène! Allons! haïssons-la, puisqu'elle veut ma haine. Oui, je hais, je jure... Eh! serments superflus, N"ai-je pas dit assez que je ne l'aimais plus 3?

Il imite les antithèses à la Lucaiii :

J'aurais su, finissant comme j'avais vécu,

Sur les i)ords africains, défait, mais non vaincu *...

De même que Ronsard, les classiques français et les anciens eux-mêmes, il ne sait pas ce que c'est qu'une langue et qu'un style poétiques, on plutôt il s'imagine que la poésie est une question de langue et de style, (piil y a des alliances de mots et des formules qui sont poétiques en elles-mêmes \ De là l'emploi trop

Sur la terre étendue

Saura te préserver cette molle toison. {P. 84, v. "il.)

Mais, ô, faisant de vous mes Pénates, mes Lares. (P. 156, v. 180.

C'est le '• quanquam, o » de Virgile.

Il décline les j)articipes présents :

.\utrefois je l'ai vue Ses longs cheveux épars, courante, demi-nue. (P. -239, v. ;iU-.31.

A l'imitation du latin, il emploie l'infinitif comme complément :

. . . ayant pour tout emploi Dormir et ne rien faire. (P. 156, v. 20.)

En somme, les procédés favoris d'André Cliénier sont : les alliiinces des mois et les sens dérivés calqués sur le latin. I! ajoute un certain nombre d'archaïsmes et tle mots ou de tours familiers. .Mais ceci n'a plus rien à voir avec l'imitalion (le l'antique.

Page 1