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ECOLE DE DAVin ET IMITATION DE L ANTIQUE. 287
cxaiit' (le Tari antitiiu*. C'est jiistenu'iil ce qui lail la grâce (l(> c<'s nnivrcs IVas?iles. La lilxM-té de l'artiste reste entière, il ehoisit. parmi les motifs de décoration et les formes antiques, celles qui lui semblent les plus belles et les plus capal>l(^s de sallier au goût français et parisien. Mais (pielies (pie soient Tindépendance et Toriginalité de ces merveilleux ouvriers, on reconnaît en eux des gens qui ont encore dans les yeux les imitations pompéiennes de \ien ou les paysages d'Hubert Robert, qui ont feuilleté le Recueil (Vanliquiti^fi deCaylus et toutes ces publications illustrées sur Herculanum, et Pompéi que le xviii"' siècle éditait avec un si grand luxe.
Dès 1700 environ. — car le style Louis XVI date en réalité de Louis XV, comme le style empire des dernières années de Louis X^'l. — toute une révolution s'opère dans le mobilier et lornementation, et larf y trouve un véritable rajeunissement. Dabord on délaisse les latjues et les vernis Martin de l'époque l)récédente pour enqiloyer le marbre ou le bronze, à l'imitation du mobilier antique. Le bois est très souvent peint en blanc, ou d'une couleur grise mouchetée de vert, de bleu et de rouge, qu'on appelait « Céladon », ce qui est encore une façon de rappeler le marbre. Pour la même raison, on commence à se servir de l'acajou '. (jui va décidément triompher sous le Directoire et IKmpire. Le rococo avait horreur d<^ la ligne droite; il recheichail les courbes, les formes chantournées et ventrues, de même que la peinture recherchait le fouillis : il s'appliquait manifestement à éviter l'ordonnance symétrique -. Le Louis XVI au contraire
1. Cf. Henri Pcnon, élude du mohilipr national à Vexposiiioti de l'Union centrale des arts décoratifs. Paris. A. Leroy, p. 51.
2. Cf. P. Rouaix, Les stijles. p. 215. — Paul Mantz, Les mew hies au XVIIh siècle (Revue des arts décoratifs. 18Si^.
28fi FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A l'aNTIQUE.
s"clïorcc de reproduire les lignes sévères de rardiitecture gréco-romaine e[. tandis (|u'autrer<)is il était impossible de diviser un n)euhle ou une composition quelconque en deux parties répétées, maintenant on obtiendrait deux fragments (|ui se répondent membre à membre '.
Mais ce n'est- encore rien : les pieds des tables, des commodes, des bureaux, des armoires à bijoux reproduisent les formes des lits et des escabeaux antiques. Ils se terminent en pieds de chèvre, en pieds de bœuf, en griffes de lion. Ils affectent la forme de carquois * avec drs api)lications de enivre imitant les lléches. Ils em|)rnntent à l'antique les collerettes et les boutons tournés. Les consoles ovales ou rondes rappellent les trépieds ^. Dans le détail de l'ornementation l'influence du goût pompéien est encore plus sensible : on voit reparaître sur les panneaux des meubles. — en peinture, en ciselure, en mosaïque et en marqueterie, — tous les jolis motifs des peintures murales de Pompéi. Les palmettes antiques l'ègnent tout le long des corniches; des branches de chêne, des guirlandes de roses sauvages, des guirlandes de fruits, de poires, de pommes se déploient entre les montants. Voici les
L « Dans le rococo, l'absence de symétrie, l'inipossiliililé do diviser la coniposilion cndc;ix parties répétées : la litinc verticale que l'on tracerait au milieu serait loujoiu's enjambée par quelque élément ornemental. •• Paul Kouaix. Ap.<t ${i/les, p. 239.
2. Il im|)orle de noter que le carquois est déjà employé counnc motif ornemental dans le style Louis XIV et dans le style Louis XV; mais c'est un carquois de fantaisie aux formes courtes et rondes. (Voir, par exemple, à Versailles, une porte des Grands Appartements.)
3. Comparer luie console Louis XVI soutenue par des pieds de Itinuf surmontés de s]iliin\, dans r;hanq)eaux, Le meulile, \). 2S.",. à un tré|iied antique sur lequel elle est probaltlement c(qtiée, dans Houx. Hcrculanum et Pompéi, Paris. Didot aine, .MDCCCLXII, t. VII, planche <J0.
vases (Ip fleurs qui. il Pompéi, se détachaient sur les loiuls noirs ou roui^f^s de la fresque. En voici les araliesques avec leur luxuriance et leur complication, leur flore et leur faune chimériques, les colombes se becquetant et les combats de coqs. Voici les attributs bachiques et éleusiniens, les grappes de raisin. les thyrses noués par des rubans, les amphores, les tympanons, les râteaux et les bêches, les gerbes d'épis et les corbeilles. — Les corbeilles, comme les amphores et les urnes, sont prodiguées : on les retrouve non seulement sur les panneaux, mais — en bois ou en bronze — aux entrejambes des consoles et des cabinets. Puis ce sont les tètes de lion, les têtes de panthère, les tètes de bouc, les masques tragiques ou comiques qui s'appliquent sur les serrures, qui soutiennent les anneaux des tiroirs ou les rubans des médaillons. f|ui s"enchAssent dans les montants ou qui forment les centres des arabescjues. On va même jusqu'à emprunter aux jx'intres de Pompéi leur rococo égyptien, les spliinx et les sistres, les tètes coiffées du klaft.
Mais la grande originalité du Louis XVI, c'est le médaillon, surtout le médaillon de porcelaine peinte enchilssé dans les panneaux, avec une bordure d'oves et de perles, et ceci est encore une imitation du style pompéien '. où le médaillon se rencontre si souvent soit dans les peintures murales, soit dans le mobilier. On y r<'produit naturellement les sujets chers aux arti^Ls lie Pompéi, — les paniers de fleurs, les sujets de mythologie galante, surtout ces jolies danseuses aux draperies envolées, qui sèment des fleurs ou cjui rylhnieid leurs mouvements avec des tympanons. La décoration intérieure des appartements est dans