Cf. h (•!• snjft noire Ihèso latine
2. Les Allt-mands eiix-mèmos blâment le style métapbysùjue lie Men},'s. Jusli trouve que dans ses dissertations en allemand il donne l'impression d'nm" traduction pénilde. Cf. \yitic/irlmann, IL p. 34.
3. Sur tout ce nile de Caylus à l'.Vcadémie de peinture, cf. Roclieblave, op. cit.
284 FIN nu CLASSICISME ET RETOUR A L ANTIQUE.
loin : SOS tendances antiquisantes s'affirment déjà dans un livre, où il s'attache à montrer toutes les ressouires j)ittoresques de la fable et de riiistoire ancienne, — dans ses Nouveaux sujets de peinture et de sculpture, davantage encore dans ses Tableaux tirra d'Homrre et de Virgile et dans son Histoire d'Hercule théba in '. Ce qni nous intéresse particulièrement ici c'est l'importance qu'il attribuait au costume : sans doute l'antique, tel qu'il le conçoit, est encore très différent du nôtre; mais il avait mis sur la voie de l'antiquité véritable : faire entrer de plus en plus dans l'éducation de l'artiste létude des auteurs anciens et de l'archéologie, telle est bien la tendance qui domine dans tous ces ouvrages de Caylus. Qu'on ajoute l'enseignement très précis et très détaillé (pi'on pouvait trouver dans son Becueil d'antiquités; qu'on songe surtout à son projet de ressusciter la jjeinture à l'encaustique des anciens, à la Minerve qu'il fît exécuter par Vien d'après ce procédé, à tout le ])ruit qui se fit autour de ce tableau : il sera bien difficile de ne pas voir en Caylus celui qui a le plus contribué à ramener l'art de son temps à l'imitation (le l'antique.
Pourtant on peut se demander ce qu'il aurait pensé de la |)eintun' de David : il est probabh^ qu'il n'y aurait |)as trouvé ce (pi'il cherchait. Ce n'était pas à pastichei' l'antique qu'il voulait conduire, mais h renouer la tradition du Poussin, voire des grands maîtres de la Kenaissanre, ([ui avnii'ulcu ses pi'emières admirations -.
.Maliii'nrensement les conditions élaicnl Iticn dilït''-
1. Cayhis n'esl pas le seul qui Jiil luililir au xviii" sii-clc df ces recueils de sujets. Les floiicoiirl sitinalcnt un recueil analogue de Lagrenée et un autre de Oandré-Bardon : Vliisioire universelle Iraitée relativement aux arts de peindre et de sculpter. Cf. K. et J. de Gonniurl, l'Art nu AT///' sit^cle, p. ^^2:\.
■2. Cf. Hocheblave, op. cU.. p. 20(1.
routes : au xviii" siècle, on revenait à une anli((uité tléjà connue, on y revenait par lérudition et fai-chéologie et peut-être aussi par lassitude de ce qu'on avait aimé jusque-là. On ne pouvait i)lus avoir, comme au xvi<= siècle, la joie de la découverte. It's illusions d'un monde tout jeune et loul neuf ipii aspirait à la vie. Sui'toul on avait derrière soi toute une longue culture extrêmement ral'tînée : ainsi on ne devait d'aucune i'agon s'attendre à revoir cette exubérance de sève poéti(jue, cette vigoui'euse poussée de génie, qui avait fait de la Renaissance une époque si grande dans riiistoire de l'art. Et cependant, il y avait dans celte société à demi païenne du xviu" siècl<> un dilettantisme si intelligent, un goût si franc de la volupté et de la poésie du plaisir, des traditions d'art si aristocratiques, qu'on vit encore de belles œuvres, certainement des plus vivantes et des plus originales qu'ait produites l'Kcole française. De 1730 environ, jusqu'à David, il y a comme une velléité de concilier Timitation de l'antique avec les habitudes du génie national, tel qu'il s'était fornudé dans la première moitié du siècle. Ce fut plutôt une inspiration lifire qu'une imitation, sans rien de pédantesque ni de forcé, quelque chose connue une Henaissance affaiblie. Cette première manière forme la transition entre l'école de Boucher el l'école de l);ivid : elle est loiit à fail cliarnianle et méi'ite que innis nous y ari'ètions.
» Mes l)elles dames, voidezvoiis des éventails à la £»Tecque? » Voilà ce qu'on eidend sur les boulevards Vers 177(1. dans les boutiques des revendeuses. Ces éventails à la mode sont étalés pèle-môle avec des
« l)()iHi('ls à la <'lianc<'li("'r('. (l("s inoiitaucii'ls, di's plumes de lierons à viniil-ijiiaii'e sols, des savoniK'Ites qui blanchissent la peau comme un lys » '. (^n est nu peu supris de rencontrer des évenlaiis à la grecque au milieu de tous c<'S colindiets seidani l.'ur roeoco; el ponriant il sullil de s(> rappelei" le mobilier et l'orne nirnlation du l('iii|is, poui' \(>ir (pi'en somme ils n'étaient pas troj) tiépaysés. Déjà en ITti;} (îriuuu écrivait : « Dei)uis quelques années, on a recherché les ornements et l(>s formes antiques; le goût y a gagné considérablement, et la mode en est devemie si géiu'rah^ (|ue tout se lait aujourtlhui à la grec(iue. La décoration intérieure el exti'-rieure des bâtiments, les meubles, les étolïes, les bijoux de toute espèce, tout est à Paris à la grecque: nos petits maîtres se croiiaient déshonorés de jjorter une l)ofte rpii ne lïd pas à la grecque -. »
Il ne faudrait ]»as prendre sans doute ces déclarations au pied de la lettre. Je m'imagine (pie ces boîtes à la grecque devaient l'être juste autant qu'une tragédie de Ciuimond de la Touche: mais toujoui's est-il que dans les arts somptuaires d'abord, puis dans larchitecturc, la sculpture, la ]jeinlure elle-même, on assiste à une curieuse évolution dans le sens de la simplicité relevée par de très heureux emprunts à l'antique. Le
slume lui-même devient plus simple et jilus raison-
alile. Mais ce son! les arts somptuairi's à «pu celle
mode nouvelle a l<- inieiix i(''nssi. Cela lient sans il<»nt<>
ce qu'ils sont plus (|ue les autres indépendants des raditions d'école et en même temps plus soumis aux aprices de la mode.
Il ne faut pas y chercher d'imitation niélhodi(iuc el
1. Cf. Dialor/iie copie d'njtn'^x nature, ou de Vaynilic de deut jo les femmes, par >I""' rl'Epinny.