Cité par Sainte-Beuve, Portraits contemporains
une si heureuse audace et (jui a ix-int la iluite des plus célèbres lyrans du monde en traits aussi i)rolbn(is, aussi terribles que la catastrophe elle-même • ».
Ce qu'il y a peut-être de plus surprenant, c'est de voir Oaour-Lorniian protéger cette jeunesse. 11 régalait en partie fine Soumet, Victor Hugo, Emile Deschamps, Latouche et Vigny : « Il avait accueilli avec enchantement mes premiers poèmes, dit celui-ci. // m'aimait et je lus assez léger pour ny i)lus retourner, entraîné i)ar la camaraderie et parce que mes amis Hugo, Emile s'étaient brouillés avec lui pendant que j'étais à mon régiment -. » — Iindn dans le premier Cénacle lui-même, il y avait des hoiiunes qui appartenaient pai- leurs débuis et par leurs goùls à la généralion antéi'ieure, comme Alexandi'e Soumet. Charles Nodier et surtout Chènedollé. 11 est à noter ilaillcurs que le maître et l'inspirateur de ce premier Cénacle n'était point \'ictor Hugo, mais Charles Nodier :'.
D'après cela, rien n'est plus naturel que devoir ces jeunes gens débuter par des pièc(>s toutes classiques d'inspiration, — sinon toujours de forme. Rai>pellei'onsnous les innombrables petits vers que Lamartine a rimaillés à Milly et qu'il voulait réunir en un volume *. (^est l'insupportable bavardage des petits poètes du xviii'= siècle, avec leurs plates polissonneries et leur sentimentalité niaise. Encore en 18i."j. il conqiose une élégie sur la mort de Parny :
Parny n'est plus : la Pari|ue courroucée Vient de tranclier la trame de ses jours