‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 221 sur 250 · Cf. Hiré, op. cit · texte numérisé non relu

Cf. Hiré, op. cit

'». Cf. Correip., I. p. 2t;'t.

El sous la pierre insonsilile et glacée Dort à jamais le chantre des amuurs '.

Plus lard, il rêve d"iin poème épique sur (llovis, — sujet indiqué par Marcliangy dans sa Gaule poétique : « Jus(iu"à trente ans. je donnerais des tragédies et, si Dieu me donnait la vie et la santé, de trente à quarante ans, j'enfanterais Clovi& ^ >. En effet, il l'ait des plans de tragédies, une ZoraïcZe, un lirunchaut et Mcrovce, un Ci'car ou la teille de Phnrsale '•'.. dont la plu[)art restèrent à l'état de projet. Il vient à bo t d'une Médéc et iPun Saiil. qui eut l'honneur d'être lu à Talma ^ et dont il donna plus tard des fragments à la suite des Harmonies. Entre temps, après avoir songé à se faire couronner par l'Athénée de Vaucluse ', il avait envoyé à l'Académie des Jeux Floraux une pièce dans le plus [lur goût classique sur le Rétablissement de In Statue de Hettri IV : « Cela, dit-il, commence par une longue conq)araison à la manière homérique ^ :

Quand la lance d'Achille, après tant de batailles, De la ville d'Hector -eut forcé les murailles, Kl ravi des Troyens le saint Palladium. Le naulonier voguant sur les flols du Bosphore

De ses yeux cherchait encore Le palais de Priam et les tours d'Iliuni '. »

On juge d'après cela du reste.

1. Celte pièce n'a pas été publiée dans les œuvres de Lamartine : on la trouve dans la Correspondance, I, p. 2i0.

2. Ihid.. I, p. 301. Des fragments de Clovis ont paru dans les Souvelles Méditations et dans les Poésies inédiles.

3. Pour .Médee, cf. Corresp.. \. p. 297. Elle a clé publiée en entier dans les Poésies inédites. Pour Zoraïde, cf. ibid.: pour lirunehaut et Mérovée, cf. p. 224. Quant à César, c'aurait été une tragédie à allusions politiques suivant la formule de Voltaire; cf. Corresp., I, p. 313.

i. Cf. Corresp., 1, p. 34'k

,"). Corresp., \, p. lo3.

7. Il y aurait une étude spéciale à faire sur ces débuis litté-

Hugo qui prit i)ait au même concours et dont la pièce l'ut couronnée écrivait, lui aussi, dans ce style. A vrai dire, sa pièce ne vaut ni plus ni moins que celle de Lamartine : ce sont les mêmes comparaisons usées, les mêmes apostrophes et les mêmes ligures véhémentes qui traînaient dans l'Ode depuis Malherbe. Comme Lamartine encore, il s'essaie dans les petits genres; il comi)Ose des Satires, le Tclùijraphc, VEnràleur politique, il concourt pour les prix de l'Académie française et, dans sa pièce sur le Bonheur de l'Klwle, il retrouve parfois les accents de Delille, comme d'ailleurs dans une autre, sur les Avantages de l'emeignement mutuel. Naturellement il a des tragédies en i)()rteleuille. — Artayiène^ Athclie, ou les Scandi)uives '. Il versifie Chateaubriand à l'exemple de Millevoye : La Canadienne susperidant au palmier le tombeau de son nouveau-né. — Et nous ne parlons pas de tout ce qu il y avait encore de classique, 2)onr ne pas dire de suranné, dans ses Odes, aussi bien que dans les Médituliom de Lamartine. 11 est à noter que, dans ses épigraphes, c'est le goût classique qui d«nnine : pour deux de Shakespeare, on en trouve un grand nombre d'Homère, de Stace, d'Ovide, de Juvénal, d'Horace, de Tacite, de Virgile surtout. Même, dans les Ballades, à part certaines prouesses de versilicalion, — comme le Pas d'armes du roi Jean, — on reti-ouve ce pseudo-moyen Age que le xviiie siècle et la littérature de l'Empire avaient mis à la mode. — Oui' serait-ce. si des maîtres du roman-

raifcs de Lainarliiie. On y vorrail par e.vi'iiiple ce cpie certaines pages fies Méditations ont i\\\ à Young. Un des éclianlillons les plus significalifs est une Épitre sur les sépullnres {Conesp., 1, p. i\\) lue à rAcadéniie de Màcon en l«i:5 el <|ui n'a jamais été repnxiuite. Aniar, dans le Journal des DrtMils, signala cette influence anglaise (piand les Méditations parurent. 1. Cf. Victor Uuf/o raconté par un témoin de sa vie. l*our toutes ces œuvres de jeunesse, voir Biré, op. cit., passim.

tisine nous passions aux amis ou aux iliscii)U's prudents? Les Soumet, les Guiraud, les Pichald continuent à faire des tragédies, dont les audaces romantiques ne sont guère plus hardies que celles des poètes de l'Empire. Le LL'onidas de Pichald joué par Talma fut un éclatant triomphe et le propre frère du futur auteur cVlIernani — Eugène Hugo — avait ébauché le plan diin Spnrtacus, « tragédie très romantique alors, dit Gaspard de Pons, qui serait trouvée troj) classiijue aujourd'hui ' ».

Ainsi donc, si l'on excepte les convictions l'oyalistes et religieuses et aussi certaines innovations de style encore très timides et dont nous reparlerons, les romantiques, vers cette date de 18'2.j. se distinguent malaisément des classiques -. Les sujets moyen âge ou fantastiques qu'ils traitaient étaient exploités depuis longtemps. 11 est vrai qu'ils affichaient une prédilection de plus en plus exclusive pour ces sujets, et c'était en cela, semble-t-il, que consistait tout leur romantisme. Mais en même temps ils subissaient rinlluence d'André Cliénier, et chose bizarre, — ce

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