Noie du niènic cliapiiro, au bas de la |iago
plciiio d'illusions' ! ». — Ainsi donc, voilà André Chénier, — athée avec délices, suivant Icxprcssion do Chénodollé, — transformé on un séraphique jeune homme, mourant pour son Dieu et pour son Roi. Il devenait le frère des victimes innocentes chantées par \'. Hugo, dans ses Odes, M"" de Sombreuil, les Vierges de ^'erdun, le petit roi Louis XVII. On conçoit que les romantiques, qui en étaient encore à la phase royaliste et religieuse, se soient enthousiasmés pour ses vers. En même temps que sa poésie devenait un argument contre la littérature impériale survivante, sa mort était un crime de la Révolution. On le dit bien haut et on l'imita avec empressement. Pour le Jeune m(//«f/'' surtout, ce lut une fureur : on vit paraître la Jeune malade, la Sa'ur malade, la Jeune fdle malade, la Hère mourante. Toutes ces élucubrations se succédaient dans la Muae française, jusqu'à ce qu'un jour, une note de rédacteurs dût prévenir que « l'exploitation des agonies était interdite pour longtemps au commerce poétique - s. Ce culte d'André Chénier était si bien la marque de l'école, qu'en 1825 Baour-Lormian, délinitivement brouillé avec les l'omantiques, s'écriait pompeusement dans le Canon d'alarme :
Nous, nous datons d'Homère et vous d'André Chénier.
Sainte-Beuve, deux années après, donnait raison à Baour, dans ses articles du Globe sur la poésie française du xvi« siècle : il faisait dater d'André Chénier la réforme poétique et présentait Hugo comme son continuateur : « Ce qu'André Chénier avait rénové et innové dans les vers, notre jeune contemporain l'a rénové
1. Est-il nécessaire de faire remarquer combien de la Touciic arrangeait son récit, sans cependant rien affirmer:'