‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 238 sur 250 · I/jid.. p · texte numérisé non relu

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400 FIN Dr CLASSICISME ET RETOUR A l'aNTIQUE.

mettre la charrue avant les bduifs. La césure et les enjambements doivent rtre déterminrs i)ar le rythme, qui lui-même est soumis à la penst-e ou à l'émotion du poète. Vno vraie réiorme devait commencer par poser la nécessité de reni'orccr \c rythme, dont le vers français, comme la langue elle-même, est i)res(iue totalement dépourvu. Faute de cela, on courait le risque de précipiter de plus en plus le poète dans la prose, en négligeant de lui rapj)eler que la phi-ase logique, en l)oésie, doit se confuiulre avec la phrase mélodique, qui, dans tous les cas, la précède et peut-être l'engendi-e '. Enfin, dans le style de Chénier, Sainte-Beuve distingue deux procédés essentiels : « 1° Au lieu du mot vaguement abstrait, métaphysique et sentimental, employer le inot propre et pittoresque. — 2° Tout en usant du mot propre et pittoresque,... employer ii l'occasion et placer à propos quelques-uns de ces mots indéfinis, inexplicables, llottants, cjui laissent devini'r la pensée sous leur ampleur '-. > La remarque est fort juste en ce qui concerne (Chénier et on ne peut lui reprocher qu'une chose, c'est la tendance à transformer en procédé ce qui doit être, chez le poète, purement instinctif et d'inspiration. La recherche du mol propre et pittoresque est d'ailleurs une opération analytique (pii convient mieux au romancier qu'au poète. Sa principale faculté, à lui. c'est l'invfMilion de la niHuphorc ou de Vimage. Si Hugo semble lavoir oublié quelcjuefois dans les Orientales, je ne crois pas cependant que la fautien soit à Chénier, ou h Sainte-Beuve : il y avait l'exemple de Chateaubriand, dont l'action a été bien aulrciiicnl foi'le sui' le Hugo des premières années; il

i. Il est juste de dire (|ue Sainte-Heiivi' a fait liii-mèiue cette distinction de la jdirase logique et lie la phrase iiiélodiciue {up. cit., \). 1.J4); mais il ne semble pas y attribuer toute l'importance qu'il faudrait.

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