‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 241 sur 250 · Voir les Mim-rables, 4' partie, liv. VII · texte numérisé non relu

Voir les Mim-rables, 4' partie, liv. VII

:!. Le rytiiiiio fie la Chasse du liiirgrave a clé employé par J. Du Dellay, cf. Biré, op. cit., p. 461.

désuétude. D'après Ronsard et ses amis, Hugo et les romantiques ont été de véritables « architectes » en poésie. Par exemple, la grande strophe de douze vers a été très probablement inspirée ])ar la strophe des odes pindariques de Ronsard. Seulement Hugo la rendue plus solide et incomparablement plus sonore en triplant les rimes '. Mais le plus grand progrès, c'a été le développement de V harmonie du vers et le renforcement du rythme. Pour cela encore, les Œuvres choisies de Ronsard offraient d'abondants modèles :

Donne que de son sang il en\ vre la terre

Et que ses compagnons, au milieu de la guerre,

Renversez à ses pieds haletants et ardents,

Mordent dessus le champ la poudre entre leurs dents -.

Voilà de ces vers fortement musclés comme on les aimait dans l'entourage de V. Hugo : c'était le vers de l'avenir ébauché, avec ses effets harmoniques de plus en plus complexes et la variété de ses coupes déterminées uniquement par le rythme et non plus, comme chez André Chénier, par les besoins logiques de la phrase ou la fantaisie du poète.

Ainsi donc le romantisme a été tout d'abord une rénovation de la langue et de la prosodie accomplie sous finlluence du classicisme archaïque du wi*^ siècle. On ne s'en étonnera que si Ton méconnaît l'importance.des questions de forme en art. De nos jours encore, ne voyons-nous i)as les symbolistes repasser par les mêmes chemins que les romantiques et. au milieu des mêmes dénigrements et de la même malveillance inintelligente, essayer d'un instrument nouveau.

1. Voir en particulier VOde à Monsieur David, statuaire, dans les Feuillles d' Automne, VllI, et comparer, dans les Œuvres choisies de Honsard, avec VUde à Michel de l'Hôpital.

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