‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 250 sur 250 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

des esthéticiens classiques. Mais il y en n une autre qui est immortelle, celle ([ironi adon'-c les i)lus grands d'entre les modernes depuis Dante jusqu'à Gœthe. L'Ame du vieux monde gréco romain est toujours en nous. Malgrr l'impiété de leurs fils, les ancêtres ne se laissent renier que des lèvres. En attendant comme une espérance presque chimérique un bouleversement général, une fusion rompléle des peuples, certaines tendances héréditaires i)(M'sisteront certainement dans les principaux groupes ethniques. D'abord chez les races latines et princijialenient chez nous autres, celte idée delà Culture coninn» Idéal et de la réalisation harmonieuse et conq)lète du type Humanité, qui a été le facteur le plus énergique de la Renaissance et le rêve de la génération encycloi)édique. Ensuite, cette autre tendance, qui est peut être Tunique aristocratie de ces races et qui consiste à ne point séparer Tart de la pensée. Et par là il ne faut point entendre la tyrannie d'une form(> canoidque, extérieure à la pensée elle-même, mais cet instinct qui nous pousse à V achèvement de l'Idée, quelles que soient les séductions du songe intérieur. Par là l'esprit latin continuera sans doute à s'opposer au tempérament du barbare avec son souci excessif de l'utile, avec sa froide et étroite moralité, avec les explosions farouches et dévastatrices de son sentiment. L'ai-t apparaîtra comme le plus parfait syndîole du lien social, lui qui dépouille la vision individuelle de ce qu'elle contient d'égoïsme, de germes de discorde et de contradiction. Ce sera toujours, sous une forme idéale, celte catholicité romaine, cette pax romuna, dont les peuples obscurément cherchent de plus en plus à refaire une réalité.

Peut-être même faut-il atlirmer davantage et croire avec les plus purs génies classiques, fju'il n'y a eu qu'une révélation de la Vérité et de la Heanli'-. .\insi

i2> l-^n nr CLASSICISMK et HETiK'U A L ANTKH'E.

s"oxi)liqui"n'ait IT-loniplle srilurlion de l'art auli(jiio cl <los rivatros mr-dilorj-aïKViis. Ouaiul un Gd'lli»'. un Shelley. un I.aniai-linc se font italiens par le ru'ur, sans doutent ils obéisseid ('nc(»re à l'irrésistible instinct (les niii,'-i'alions (|ui poussait leurs ancêtres harbai'es vers le soleil cl la joie; et quand ils reprennent les vieux mythes des Hellènes, c'est aussi qu'ils y reconnaissent les plus beaux vases de poésie où se soit déposée la pure substance du monde. D'ailleurs la tradition n'a jamais été brisée. D'un bout à l'autre de riiisloire éclate la contiiniUd romaine : la Basilique se retrouve dans la Cathédrale. Virgile a conduit Dante. L'Ame païenne a visité Shakespeare. Lldée i)latonicienne illumine i)arfois la lourde dialectique de Schelling. (^e sont les règles de lanticpie sagesse qui gouvernent nos civilisations.

On recommence à conij)i'eii<lre aujourdliiii ipTil n'y a qu'à élargii' la cité antifpie pour y faire tenir la pensée moderne tout entière. Le temps est passé des Prii'res sw l'Acropole, comme aussi des pastiches puérils où la lettre éloulfait l'esprit. On ne copiera plus la tête d'Alhéna, mais on ne se lamentera jtlus sur l'étroitesse de son front. L'art s'égalera vraiment à l'univers, et il reconquerra sa dignité, en revenant au dogme essentiel des religions antif(ues. qui est de croire à l'unité et à la divinité des choses. Il dessinera pieusement leurs formes, comme étant les plus |»arl'aits synd)oles de la Heauté: et il en reproduira la liaison et le rythme, parce que cette cohérence est une image de liMeniel. Il s'attachera fortement à cette réalité, parce (pien deliors d'elle tout n'<'st r[ue chimère el que songe. Ainsi tous les êtres, cluicnn à son rang, poui'roni pr(''leiidi'(' à se réaliser dans larl : el ainsi s'abolii'a l'ancien conflit des étlii(|ués et des eslhéticjues, l'art et la morale ne se proposant point autre chose (pie de réaliser Dieu.

CONCLUSION. 42'i)

L'('S|)ril lici'oiqm' de la Renaissance revivj'a. à la l'ois mystique et païen, idéal et eharnel. On compi'erulra liiuiocent amour d'un Jésus ou d'un Francjois d'Assise pour toutes les choses créées et leurs angéliques mansuétudes jiour toutes les faiblesses. Le liiH'e déveloi)pcment de l'individu dans le sens du divin redeviendra l'idéal et la vocation de tous.

Ainsi encore disj)araîtront comme de mauvais rêves toutes les erreurs du passé. Le goût des résurrections !iistoi'i(pies où se complut trop souvent le romantisme, con)me le culte idolàti'e des naturalistes pour les réalités les plus fragiles ; ils omirent d"y chercher la Vie. Le pessimisme et le dilettantisme, dont nous sortons à peine, ne seront cjue de coupables erreurs, attestani un affaissement passager de la volonté, une lassitude de l'intelligence de la race. Enfin, loin de chasser les Barbares, (jui viennent à nous les mains pleines de grossiers trésors, on les accueillera avec douceur, on les fera entrer dans la cité anticjue; mais on les purifiera d'abord et on les initiera au Dieu unique, puisqu'il n'y a qu'une Vérité et cjunne Beauté.

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