‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 249 sur 250 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Nous avons vu le mouvement antiquisant parti de Jean-Jacques Rousseau, se prolonger avec le classicisme lui-même jusqu'aux premières années du romantisme. Il a laissé sa trace dans l'érudition comme au théâtre, comme dans la poésie didactique, comme dana l'art sous toutes ses formes. C'est avec Gluck, Chénier et David qu'il prend véritablement conscience de luimême. Il atteint sa plus grande ferveur entre 1775 et 1789. Les principales œuvres qu'il ait produites sont le Recueil d'antiquilés de Caylus, le Voyage du jeune Anacharsis, les Odes pindariqiies de Lebrun, les pastiches antiques d'André Chénier, VIphigénie de Gluck, les illustrations de l'histoire grecque et romaine de David, les Mdrti/rs de Chateaubriand ; à un degré inférieur, VOEdipe chez Adméle de Ducis, le poème des Jardins de Delille, les Saisons de Saint-Lambert, les Mois de Roucher. la Grèce sauvt'e de Fontanes et VAgamemnon de Népomucène Lemercier.

S'il a échoué, c'est moins parce que des idées de l)rovenance étrangère lui disputaient le terrain, que par sa propre impuissance. Pour <prun retour à l'antique fût vraiment fécond, il aurait fallu briser la discipline

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classique, cl ivjclfr (Irriiiitivciucnt le iiiiiicipo de l'imitation et le principe d'aulorit»'. (|iii en est le fondement. Les littérateurs et les artish^s de celle ("'[toque ne le firent pas, et ainsi ils ont conliilmr à égarer les novateurs romani iques sur le vrai sens de leur propre réfoi'me. Ils les ont inclinés à croire que le culte de l'anliquité était seul responsable des œuvres pseudoclassicjues et. \)nv contre-coup, ils ont rejeté ini trraiMJ nouibre d'entre eux vers limitation des littératures septentrionales. Celte erreur des romantiques n'alla pas cependant sans quelque bien. Peut-être même j)Ourrail-on dii-e que, dans l'intérêt de la rénovation de l'art, ce fut un mal nécessaire. Les Français, en sortant de soi, se rendirent comj)te de rimmensilé du domaine de l'art et de la nécessité d'y égaler leurs moyens. C'est rélcrncl service (|ue nous reii(b'ont toujours les littératures germani((ues : l'esprit lalin a un(» tendance à sim])lilier lob jet do lart. comme celui de la pensée, à en faii-e (nicli|nc cliose de trop humain. Clia<jue fois qu'il s'a|»pauvi'il, il faut une nouvelle invasion des Barbares du Noril. pour lui rendre le sens de la complexité des clioses. élargir et surtout enrichir sa conccjdion de la vie. Mais les principaux d'entre les romaidiques, et princi|»alement Hugo, s'aperçurent bien vite que l'exaltation des littératures étrangères deviendrait à son tour un danger. Ils virent que l'essentiel était de faii'c ce (|ue font tous les réformateurs, — d'abolir la Loi devenue oppressive et inutile, de briser le mensonge des formes consacrées et de replacer l'artiste devant la Vie.

Kaut-il conclure de tout cela que l'art anli(|ue, comme instrument de culture et comme idéal, est à jamais condamné? — Ce qui est certain, c'est qu'il y a toute une ardiquité, que le romantisnie a détruite et qui est bien iiiorlc [tour nous, — celle des rbi-lcurs et

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