Mém. (le l'Acad. des Inscr.. XVI. p
en ronionircrait en slyle lapidaire à tous les acadéinifieiis réunis.
Ajoutons (fue les éruilils (Mix-nu"'nies ne l'aisaienl pas ij-rand'eliose pour ilélroinper l'opinion. Chez beaucoup (Kentre eux — nous l'avons vu, — le pédantisme était réel el la scolasliquc rapolissait les questions : Rochefort et raljl)é Hatteux entamaient un loue;- débat sur la nature el les fins de la tragédie d'après Aristote *. On n'allait sûrement pas chercher des leçons de style et de goût dans leurs mémoii'es. Mais cette persistance à éterniser une vieille cjui-relle })arl'aitement stérile était d'un mauvais exemple pour le grand public. — Avec cela, si certains sont pédants, d'autres affectent d'être le contraire, ce qui les couvre de ridicule aux yeux des gens du monde : en séance publique, Pastoret, qui lit un mémoire sur la législation des Assyriens, croit être très spirituel en faisant une allusion à la Roau-re de Salenci/ ^ à propos des filles de Babylone qui se livraient à la prostitution sacrée. Mais Pastoret n'était pas le seul coupaljle. Il est certain qu'à l'Académie des Inscriptions tout le monde est jaloux des séances si brillantes de l'Académie française. On veut plaire aussi, retenir son public. Ouelques-uns même vont jusqu'à exiger des candidats, comme condition expresse de leur vole, qu'ils ne se présentent point à l'Aradémie rivale. C'est ainsi qu'Aïuiuetil-Duperron avait donné sa voix à Choiseul- (joutlier : quelque tenq)s après Choiseul entrait à lAcadémie française; mais Amiuetil ne si^ tenait pas pour l)attii et évotpiait l'affaire devant le li'ibnnal des maréchaux, pour forfailiu'e à une parole (i'lionn<'ur.
\. Mém. (le iAaid. des In.tcr., XXXiX.
■>. Cf. Covresp. litl., XIV, 3ti7. Lu liosière de Snletici/ était un opéra-coiniquc tlt- Favart, iinisiiiiie «le Moiisigny (17('>'J), ijiii avait t'iicnrc conservé sa réputation.
LES TRAVAIX DIC L KliL'DlTloN. 69
L<' tr'lmiial se déclai'a iiic()iiii)(''loiil cl tout Paris saiiuisa aii\ (k''|»('iis (rAni|ii('lil et do rAca(l(''iiii(; des Iiisrriplioiis '.
^[ais r(> iH* soiil là (ju(> des [irlils ridicules. Le grand mal de réi'udition, c'est celui lie lesprit classifiue du xviii'^ siècle dans toutes ses manifestations. De mémo que nos littérateurs ne savent plus composer un livre et n'en font qu'un pénible assemblage de morceaux ajustés, nos érudits sont incapable d'embrasser un ensemble ou même d'abordcM- les grandes questions. Ils s'éparpillent sur une foule de points de détail, ils n'épuisent aucun sujet, ou ils traitent les sujets importants avec une extrême banalité. On a entîn un goût fâcheux pour les questions minuscules et pour les noms les plus obscurs. On est trop porté à disserter sur la vie et les ouvrages de Thrasylle ou de Cliaron de Lanipsaque - et pas assez sur Homère, et les tragiques grecs. Ny-a-t-il pas là une analogie frappante avec les petits sujets de la poésie descriptive du temps?
Ce qui manque surtout, comme chez nos poètes et nos artistes, c'est l'esprit intérieur, qui vivifie l'étude des textes, l'intuition à demi poéticjue d'une époque, d'une langue ou dune religion. La science, comme l'art d'alors, est un corps sans âme. On le vit bien dans le Vo;jii(/i; (lu jnnic Amichnsis, qui est ce|)cndant la synthèse la plus hardie (juait tentée l'érudition du xviii" siècle. Mais on aurait mauvaise grâce d'insister. Il faudrait s'en prendre au siècle tout entier : les Allemands, plus travailleurs, ne sont guère, en cela, plus avancés que nous. Ce ne sont pas les savants qui crôe-